Global Africa Investment Summit : l’initiative d’Adesina, ancien président de la BAD pour connecter l’Afrique aux grands investisseurs mondiaux

Face au durcissement du protectionnisme et aux tensions géopolitiques qui fragilisent les flux de capitaux à l’échelle mondiale, l’Afrique cherche à repositionner son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Le continent, qui concentre 12 des 20 économies à la croissance la plus rapide au monde, mise désormais sur de nouveaux mécanismes pour canaliser des capitaux devenus plus rares mais essentiels à son développement.

C’est dans ce contexte qu’émerge le Global Africa Investment Summit (GAIS), une plateforme d’investissement cofondée par Akinwunmi Adesina, ancien président de la Banque africaine de développement. L’initiative ambitionne de connecter gouvernements africains, dirigeants de grandes entreprises mondiales et investisseurs institutionnels afin d’accélérer la transition du continent, encore largement dépendant de l’aide, vers une croissance tirée par l’investissement privé.

Malgré une démographie parmi les plus dynamiques au monde, avec une population jeune et en forte expansion estimée à près de 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique peine encore à exploiter pleinement son potentiel. La fragmentation des marchés, la faible préparation des actifs publics et la prédominance de l’aide au détriment de l’investissement structurant constituent autant de freins à une croissance plus robuste et inclusive.

« L’Afrique doit débloquer ses vastes actifs souverains pour générer de la richesse », a souligné Akinwunmi Adesina dans un communiqué publié en amont du sommet prévu en Angola plus tard cette année. Selon lui, le GAIS veut se positionner comme un véritable teneur de marché, capable de faciliter des méga-transactions en mettant en relation directe les opportunités africaines et les capitaux mondiaux.

Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. En 2024, l’Afrique n’a capté que 6 % des investissements directs étrangers (IDE) mondiaux, loin derrière les économies développées et même plusieurs régions en développement, selon le Rapport des Nations Unies sur les investissements mondiaux. Une performance jugée insuffisante au regard des besoins du continent et de son potentiel économique.

Pour inverser cette tendance, le GAIS entend mettre en avant des opportunités d’investissement à grande échelle. La population africaine devrait presque doubler d’ici 2030, portée par l’émergence rapide d’une classe moyenne. Dans le même temps, le marché de consommation du continent est en pleine expansion, passant de 1 400 milliards de dollars en 2015 à une estimation de 2 500 milliards de dollars à l’horizon 2030, ouvrant de nouvelles perspectives pour les investisseurs étrangers.

Les organisateurs du sommet identifient plusieurs secteurs stratégiques comme moteurs potentiels des IDE, notamment les minéraux critiques, les métaux et terres rares, l’énergie, l’agriculture ainsi que les infrastructures numériques. Autant de domaines jugés essentiels pour soutenir la transformation économique du continent et répondre aux besoins croissants de sa population.

Par Drissa Ouattara

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