IFC et Baobab Group s’allient pour débloquer environ 60 milliards FCFA en faveur des PME africaines

Signé en marge de l’Africa CEO Forum 2026 à Kigali, un nouveau mécanisme de partage de risques entre la Société financière internationale (IFC) et le Groupe Baobab entend élargir l’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises dans cinq pays d’Afrique subsaharienne, dont le Burkina Faso.

C’est l’une des annonces majeures de l’Africa CEO Forum 2026. La Société financière internationale (IFC), bras privé du Groupe de la Banque mondiale, et le Groupe Baobab, acteur de référence du financement des PME sur le continent, ont officialisé, le mercredi 3 juin 2026, la signature d’un mécanisme de partage de risques (Risk Sharing Facility – RSF) d’une valeur équivalente à 100 millions de dollars, soit environ 60 milliards FCFA.

Aux termes de cet accord, IFC s’engage à garantir 50 % d’un portefeuille de prêts déployé par Baobab au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Mali et en République démocratique du Congo.

Un Risk Sharing Facility est un mécanisme financier par lequel deux ou plusieurs parties conviennent de se répartir les pertes potentielles sur un portefeuille de crédits, réduisant ainsi l’exposition au risque de chacune d’elles. En pratique, cela permet à l’établissement prêteur d’assumer davantage de risques qu’il ne pourrait le faire seul et, par conséquent, d’élargir son offre à des segments d’emprunteurs traditionnellement exclus des circuits bancaires classiques.

Combler un déficit structurel

Les PME africaines souffrent depuis longtemps d’un accès insuffisant au financement formel. L’insuffisance de garanties, la faible traçabilité financière de nombreuses entreprises informelles et la réticence des établissements de crédit face au risque PME constituent des obstacles structurels bien documentés.

Selon les deux institutions, ce nouveau dispositif vise précisément à contourner ces freins en mutualisant le risque entre un partenaire de développement à vocation mondiale et un opérateur de proximité ancré dans les réalités locales.

Le RSF permettra à Baobab de proposer des maturités de prêts allant jusqu’à cinq ans. Le groupe entend également cibler davantage de primo-emprunteurs, une catégorie qui représente déjà près de 20 % de ses décaissements en faveur des PME, signe d’une appétence déjà établie pour ce segment à fort potentiel.

Les femmes entrepreneures, particulièrement pénalisées par le manque de garanties exigées par les créanciers traditionnels, constituent enfin l’une des cibles prioritaires de l’initiative. IFC et Baobab entendent leur ouvrir l’accès à des montants de prêts plus élevés et à des financements de plus longue durée afin de soutenir des projets de croissance structurés sur le long terme.

Par David Yaméogo

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