Le Burkina Faso et le Mali partagent tous plus de 500 km de frontière avec la Côte d’Ivoire. Pays sans littoral, les échanges commerciaux internationaux de ces pays se font via les corridors de desserte les reliant aux ports maritimes des pays côtiers limitrophes. C’est le cas des corridors Abidjan-Bobo-Dioulasso-Ouagadougou et Bamako-Man-San Pédro qui donnent accès aux ports d’Abidjan et de San Pédro, en Côte d’Ivoire, facilitant les échanges commerciaux internationaux. Pour développer ces corridors, le Fonds africain de développement a accordé un financement de 156 millions d’euros, soit 101,4 milliards FCFA pour la réhabilitation et le bitumage de ces routes transfrontalières entre les trois pays. Ce financement, en effet, entre dans le cadre du mécanisme destiné à fournir des ressources concessionnelles supplémentaires aux pays confrontés à des situations de fragilité et de conflit, en l’occurrence la Facilité d’appui à la transition. Un financement auquel participe la Banque islamique de développement et l’Union européenne avec respectivement 138 millions d’euros et 25 millions d’euros.
En conséquence, ce sont au total 242 km de routes qui seront réhabilités dans ces deux pays avec, à la clé, une amélioration de la chaîne logistique nationale et régionale des transports permettant de stimuler le commerce intrarégional. Dans le cadre de ce programme, les communes des pays bénéficiaires se verront doter d’infrastructures socio-économiques pour renforcer la résilience des populations. Aussi, le programme vise la facilitation des transports, l’amélioration de l’offre de transport, l’augmentation du volume des échanges sur les deux corridors, l’intensification de l’activité économique locale et régionale à travers la création d’emplois. . À ceux-ci s’ajoutent la transformation des localités et villes traversées en pôle économique ainsi que la facilitation de l’exploitation des riches potentialités économiques des zones d’emprise du projet.
Une zone à forte potentialité agropastorale, touristique, minière et industrielle
Avec une population de 4,51 millions d’habitants représentant 6,28 % de la population totale des trois pays, la zone du projet est dotée de potentialités agropastorales. Cette zone, en outre, abrite de grandes unités industrielles ainsi que de petites unités de transformation agroalimentaire semi-industrielles. L’activité minière s’y développe avec l’implantation en cours de mines industrielles (lithium, or, etc.) et de mines artisanales sans occulter l’énorme atout touristique qui regorge la zone et son rôle important dans l’économie locale.
Avantages par pays
Exécuté sur six ans (2024-2030) dans les deux pays, ce programme revêt une importance capitale dans le développement des échanges internationaux. Ce financement pour le Burkina Faso est d’une importance capitale en ce sens qu’il permettra de réhabiliter et de renforcer la route Bobo-Dioulasso-Banfora-frontière Côte d’Ivoire, longue de 155 km, et de construire la bretelle Banfora- Orodara distante de 42 km. À cette occasion, le pont sur la rivière Léraba long de 100 m reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire sera réhabilité. Enfin, 18 km de voies urbaines seront construites dans les villes secondaires traversées par la route ainsi que 50 kilomètres de pistes rurales afin de stimuler l’économie locale et de protéger les populations contre les effets des changements climatiques.
Quant au Mali, il bénéficiera d’un financement de 73,73 millions d’euros (environ 47 milliards 924,5 millions FCFA) qui facilitera l’aménagement et le bitumage de la section routière Bougouni-Garalo du tronçon Bougouni-Garalo-Manankoro- frontière Côte d’Ivoire, longue de 45 km. La construction de cette route aura pour conséquence, outre le maintien du franchissement en toute condition climatique de la rivière Léraba, le renforcement de la performance des corridors par la réduction des barrières non tarifaires et des formalités administratives ainsi que le temps de passage aux frontières, et enfin l’amélioration de l’accès aux services sociocommunautaires de base.
Par Léon Yougbaré




