Le Kenya s’apprête à financer, à hauteur de 155 millions de dollars, l’agrandissement de l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi. Ces ressources proviennent de l’introduction en bourse (IPO) de Kenya Pipeline Company, a annoncé le président William Ruto lundi, selon Reuters.
Principal hub aérien du pays, l’aéroport international Jomo Kenyatta concentre l’essentiel du trafic international du Kenya. Les infrastructures actuelles fonctionnent déjà au-delà de leur capacité prévue, ce qui pousse les autorités à accélérer les investissements pour moderniser et agrandir les installations.
L’opération boursière menée par l’État a permis de lever 106,3 milliards de shillings kényans, après la cession de 65 % de la participation publique dans Kenya Pipeline Company. Les recettes issues de cette opération sont destinées à financer plusieurs projets d’infrastructures majeurs, notamment dans les secteurs des autoroutes, des chemins de fer et des ports.
Dans ce dispositif, entre 15 et 20 milliards de shillings kényans, seront mobilisés via le Fonds national des infrastructures pour lancer l’extension de l’aéroport de Nairobi. Ces ressources serviront de capital d’amorçage pour démarrer les travaux.
« L’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta sera le premier grand projet financé grâce à ce nouveau modèle de financement dans le cadre du Fonds national d’infrastructures », a déclaré le chef de l’État. Il a précisé que « entre 15 et 20 milliards de shillings du Fonds national des infrastructures, issus des recettes de l’introduction en bourse du Kenya Pipeline, seront destinés à financer les fonds de départ pour l’agrandissement de l’aéroport international Jomo Kenyatta ».
Le Fonds national des infrastructures constitue un nouveau mécanisme financier mis en place par le gouvernement kényan. Il vise à canaliser les capitaux issus de la vente d’actifs stratégiques vers des investissements publics, notamment dans les transports et la logistique, afin de réduire la dépendance de l’État à l’endettement pour financer ses projets structurants.
Le projet d’extension de l’aéroport intervient dans un contexte de forte croissance du trafic aérien en Afrique. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), les compagnies africaines ont enregistré en janvier 2026 la plus forte progression mondiale de la demande internationale, avec une hausse de 11,7 % des kilomètres passagers (RPK) sur un an.
Dans plusieurs pays du continent, les investissements dans les infrastructures aéronautiques se multiplient pour accompagner cette dynamique et capter une part croissante du trafic régional. La Tunisie prévoit par exemple d’investir environ 1 milliard de dollars, pour agrandir l’aéroport international de Tunis-Carthage et porter sa capacité annuelle à 18,5 millions de passagers.
De son côté, Ethiopian Airlines a récemment lancé la construction de l’aéroport international de Bishoftu, conçu pour accueillir jusqu’à 110 millions de passagers par an, afin de soulager la pression sur l’aéroport international d’Addis-Abeba Bole.
Par Drissa Ouattara


