Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une facilité de financement de 100 millions de dollars, soit environ 60 milliards FCFA, en faveur de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). Cette opération, structurée en deux composantes, marque une étape inédite dans les relations entre les deux institutions.
La première composante de l’opération consiste en une prise de participation de 30 millions de dollars, correspondant à environ 18 milliards FCFA, au capital de la BIDC. Cette opération fait du Groupe de la BAD la première institution financière de développement à entrer au capital de la banque sous-régionale et à siéger à son Conseil d’administration.
Au-delà de la simple augmentation de capital, cette prise de participation doit, selon l’institution panafricaine, accompagner l’expansion des activités de la BIDC. La notoriété et la notation AAA du Groupe de la BAD devraient également renforcer la crédibilité de l’institution sous-régionale auprès d’un éventail plus large d’investisseurs et de partenaires financiers internationaux.
Une ligne de crédit dédiée à l’énergie propre
La seconde composante de l’opération porte sur une ligne de crédit à long terme de 70 millions de dollars, soit environ 42 milliards FCFA, destinée au financement de nouveaux projets dans la chaîne de valeur de la production d’énergie propre en Afrique de l’Ouest. La BIDC déploiera ces ressources au profit des populations et des entreprises insuffisamment desservies dans la région.
Selon Ahmed Rashad Attout, directeur du Département du développement du secteur financier du Groupe de la BAD, cette ligne de crédit devrait, grâce à un effet de levier, mobiliser près de 230 millions de dollars (environ 138 milliards FCFA) de financements supplémentaires en faveur de la production d’énergie renouvelable, en particulier des projets solaires et hydroélectriques représentant une capacité additionnelle de 207 mégawatts.
L’opération devrait améliorer l’accès à l’électricité de plus de 250 000 ménages, soit près de 1,4 million de personnes, tout en permettant une réduction d’environ 355 500 tonnes d’émissions de CO₂ équivalent par an. Sur le plan de l’emploi, les jeunes devraient représenter plus de 70 % des emplois permanents créés par les projets financés, dans une logique de renforcement des compétences locales.
Pour rappel, cette double intervention s’inscrit dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), qui vise à renforcer la capacité des institutions financières régionales, telles que la BIDC, à mobiliser des ressources à long terme et à accroître leur impact sur le financement du développement en Afrique de l’Ouest.
Par Léon Yougbaré


