La Banque du Ghana (BoG) accélère sa transformation réglementaire avec la création de nouveaux départements spécialisés dans l’intelligence artificielle (IA), l’analyse des données et les actifs virtuels. Cette réorganisation vise à réduire l’écart entre l’innovation rapide du marché financier et les capacités de supervision de la banque centrale. L’annonce a été faite par le gouverneur de la BoG, le Dr Johnson Pandit Asiama, lors du Congrès mondial des marchés financiers de l’ACI organisé à Accra.
Face à la montée des fintechs, des cryptomonnaies et des stablecoins, la banque centrale cherche à éviter un décalage entre l’innovation du marché et ses capacités de contrôle. Cette initiative vise à disposer de structures techniques capables d’anticiper les évolutions du secteur et à renforcer la surveillance des nouveaux produits financiers numériques.
Il y a plusieurs années, le Ghana avait déjà amorcé cette transformation avec la création d’un département consacré aux systèmes de paiement, avant la mise en place d’une structure dédiée à la fintech. Ces premières réformes avaient permis d’accompagner le développement rapide des services financiers numériques dans le pays.
Avec l’essor des actifs numériques, la Banque du Ghana estime désormais nécessaire d’aller plus loin dans la spécialisation de sa régulation. Le pays a ainsi adopté une législation sur les fournisseurs de services d’actifs virtuels et instauré un cadre de supervision spécifique pour ces activités.
La banque centrale veut également renforcer ses capacités dans l’exploitation des données et les usages de l’intelligence artificielle appliqués à la finance, dans un contexte où ces technologies prennent une place croissante dans les services bancaires et les paiements.
Avec cette réorganisation, la Banque du Ghana s’aligne sur une tendance observée dans plusieurs économies africaines, notamment au Kenya et en Afrique du Sud, où les régulateurs renforcent progressivement leurs dispositifs pour mieux encadrer l’essor des technologies financières et des actifs numériques.
Par Leila Toé


