Au Burkina Faso, la lutte contre les effets du changement climatique vient d’obtenir un appui financier majeur. Le pays figure parmi les bénéficiaires d’un financement climatique approuvé par le Fonds pour l’Environnement Mondial, à l’initiative de la Banque Ouest Africaine de Développement, qui a conçu et structuré trois projets au profit du Burkina Faso, du Mali et du Bénin. Conçu pour renforcer la résilience agricole et environnementale dans un contexte marqué par la pression croissante sur les terres et les ressources en eau.
Sur l’enveloppe globale de plus de 29 millions de dollars, soit environ 17 milliards de FCFA accordés sous forme de dons, le Burkina Faso capte 10 millions de dollars, équivalant à près de 5,8 milliards de FCFA. Ces ressources sont destinées au Projet d’Adaptation Climatique et d’Agriculture Résiliente dans le Plateau Central (Actuelle Oubri), une région stratégique où la dégradation des sols et l’irrégularité des pluies fragilisent les systèmes de production et les moyens de subsistance des populations rurales.
Concrètement, le projet prévoit la restauration de 15 000 hectares de terres dégradées, la promotion de pratiques agricoles mieux adaptées aux aléas climatiques et l’amélioration de l’accès à l’eau pour les communautés. L’initiative s’inscrit dans la dynamique de la Grande Muraille Verte, avec l’objectif de freiner l’avancée de la désertification tout en soutenant la productivité agricole et la sécurité alimentaire. Pour les autorités burkinabè, ce financement arrive à un moment où l’adaptation au changement climatique n’est plus une option, mais une condition de survie économique et sociale pour de nombreuses zones rurales.
Au-delà du cas du Burkina, l’approbation de ces projets par le Fonds pour l’Environnement Mondial illustre la capacité croissante de la BOAD à mobiliser des ressources internationales en faveur des États de l’UEMOA. Au Mali, plus de 11,2 millions de dollars, soit environ 6,6 milliards de FCFA, financeront la réhabilitation de vastes paysages sahéliens et le renforcement des moyens de subsistance de centaines de milliers de personnes, tandis qu’au Bénin, 8 millions de dollars, environ 4,6 milliards de FCFA, soutiendront la transition vers un modèle urbain plus vert.
Pour le Burkina Faso, l’essentiel se joue désormais dans la mise en œuvre effective du projet. La BOAD souligne que ces financements sont le résultat d’un travail de terrain, marqué par des concertations nationales et l’identification précise des besoins locaux. La Banque entend d’ailleurs renforcer cette dynamique à travers son Fonds d’Études Climat, afin d’accélérer la préparation de projets similaires à l’avenir.
Par Drissa Ouattara


