La Guinée et le FMI s’accordent sur un nouveau programme de 425 millions de dollars

La Guinée et le Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus à un accord au niveau des services en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), pour une durée de 41 mois. L’accord, conclu après plusieurs semaines de discussions, doit encore être soumis à la Direction, puis au Conseil d’administration du FMI.

L’approbation est attendue en septembre 2026. Une fois validé, le programme donnera à la Guinée accès à environ 425 millions de dollars, soit plus de 255 milliards de FCFA, représentant 145 % de sa quote-part au FMI. Au-delà de l’appui financier, Conakry présente ce nouveau programme comme un instrument destiné à renforcer la discipline macroéconomique, à crédibiliser davantage la conduite des politiques publiques et à faciliter la mobilisation de financements additionnels en faveur des priorités nationales.

Une économie portée par le boom minier

L’accord intervient dans une phase d’accélération de l’économie guinéenne. Après une croissance estimée à 7,1 % en 2025, l’activité devrait progresser d’environ 8,6 % en 2026, selon les projections présentées par le gouvernement.

Cette dynamique repose notamment sur le secteur minier et sur la montée en puissance de Simandou, dont les investissements associés devraient soutenir l’activité dans plusieurs secteurs de l’économie.

Pour les autorités guinéennes, le principal défi consiste désormais à transformer cette accélération en gains économiques plus larges, notamment à travers la création d’emplois, le développement des infrastructures, la diversification de la production et l’amélioration des conditions de vie.

Cinq axes pour encadrer la transformation économique

Le futur programme soutenu par la FEC devrait s’articuler autour de cinq grandes priorités. La première concerne la mobilisation durable des recettes publiques, avec un accent particulier sur les recettes minières et la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Le deuxième axe porte sur l’amélioration de la gestion des finances publiques, notamment la programmation et l’exécution des investissements ainsi que la qualité de la dépense publique.

Le troisième vise la consolidation de la stabilité macroéconomique et financière. Il s’agit notamment de renforcer les réserves internationales et d’améliorer la capacité de l’économie à absorber les chocs.

La gouvernance économique constitue le quatrième chantier, avec des objectifs portant sur la transparence, la redevabilité et le renforcement des institutions économiques.

Enfin, le programme devra accompagner la diversification de l’économie et le développement du secteur privé, avec un accent particulier sur la création d’emplois et le renforcement du capital humain.

Un accord encore soumis à l’approbation du FMI

Les discussions entre les autorités guinéennes et les services du Fonds se sont déroulées à Conakry du 16 au 29 juin 2026, avant de se poursuivre jusqu’au début du mois d’août dans le cadre des consultations au titre de l’Article IV et de l’examen de la demande de programme au titre de la FEC. Elles ont permis, selon le gouvernement, de dégager une convergence de vues sur un programme de réformes adapté aux priorités économiques de la Guinée.

L’accord conclu au niveau des services constitue toutefois une étape intermédiaire. Son entrée en vigueur reste conditionnée à l’approbation de la Direction et du Conseil d’administration du FMI, attendue en septembre prochain.

Par Léon Yougbaré

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