La Sierra Leone signe un partenariat d’exploration et de production pétrolière d’un montant de 225 millions de dollars avec Marginal Energy Limited

La Sierra Leone tente un retour remarqué sur la carte pétrolière africaine. À la faveur d’un accord signé à Paris en marge de la conférence Invest in African Energy, le pays a conclu un partenariat d’exploration et de production offshore d’un montant de 225 millions de dollars avec Marginal Energy Limited. Une opération qui marque une accélération nette de la stratégie de relance du segment amont, longtemps resté en retrait malgré un potentiel identifié depuis plusieurs décennies.

L’entreprise nigériane, spécialisée dans l’exploitation des champs marginaux, s’inscrit dans une dynamique croissante d’acteurs africains cherchant à s’imposer au-delà de leurs marchés domestiques. Pour Freetown, le choix d’un opérateur régional n’est pas anodin : il traduit une volonté de capitaliser sur une expertise adaptée aux environnements complexes et aux projets à risque maîtrisé.

L’accord couvre un vaste périmètre de cinq blocs offshore représentant près de 6 800 km² dans un bassin encore largement sous-exploré. Ce positionnement géologique, longtemps considéré comme une frontière pétrolière, est désormais au cœur de la stratégie gouvernementale pour attirer des capitaux et relancer les campagnes d’exploration.

Dans les faits, Marginal Energy Limited s’engage à conduire un programme sismique d’envergure, avec des dépenses qui devraient dépasser les 225 millions de dollars. L’objectif est de produire des données géologiques fiables et identifier des réserves exploitables commercialement, condition indispensable pour transformer l’espoir pétrolier en revenus tangibles.

La Sierra Leone conserve 10 % d’intérêts portés dans les projets pétroliers et 5 % dans le gaz, sans supporter les coûts initiaux. Une clause qui limite le risque budgétaire tout en garantissant une participation directe aux futurs revenus. Le pays se réserve en outre la possibilité d’augmenter sa part jusqu’à 19 % après le démarrage de la production, sous réserve de succès commercial.

Pour le président Julius Maada Bio, cet accord illustre l’ambition de transformer le potentiel énergétique du pays en levier de développement, tout en assurant des retombées pour la population. Un discours qui s’inscrit dans un contexte où la concurrence entre États africains pour capter les investissements pétroliers s’intensifie.

Car Freetown n’avance plus seule. En l’espace de quelques mois, la Sierra Leone a multiplié les signaux d’ouverture. Le 22 avril, Shell a signé un accord d’exploration dans le même bassin offshore, quelques mois après une initiative similaire de Eni. Une séquence qui témoigne d’un regain d’intérêt des majors pour cette zone encore peu exploitée.

Par Drissa Ouattara

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