La start-up nigériane de technologie de défense Terra Industries a bouclé un financement initial de 52 millions de dollars, l’un des plus importants jamais réalisés à ce stade dans le secteur africain de la technologie de défense. L’entreprise entend utiliser ces nouveaux capitaux pour accroître sa production de systèmes autonomes, renforcer sa présence en Afrique et accélérer son développement à l’international.
Basée à Abuja et fondée en 2024 par les entrepreneurs nigérians Nathan Nwachuku et Maxwell Maduka, Terra Industries a levé 18 millions de dollars supplémentaires pour finaliser son tour de financement initial. Plusieurs investisseurs historiques ont participé à l’opération, notamment 8VC, Silent Ventures, Nova Global, Belief Capital et SV Angel, aux côtés d’un nouvel investisseur, Norleo Space Investments.
Cette nouvelle levée intervient après plusieurs opérations de financement réalisées par la jeune entreprise. Terra avait annoncé plus tôt dans l’année un tour de 11,75 millions de dollars, soutenu notamment par 8VC, Lux Capital et Valor Equity Partners. La société avait ensuite obtenu un financement relais de 22 millions de dollars, mené par Lux Capital.
Terra Industries compte désormais consacrer une partie importante de ces ressources à l’augmentation de sa capacité industrielle en Afrique. L’entreprise prévoit notamment d’accélérer le développement de son site Pax-2 au Ghana, présenté comme un futur centre majeur de fabrication de systèmes autonomes sur le continent. Elle prévoit également d’ouvrir un bureau à Londres, avant d’établir des opérations à San Francisco et Washington, D.C., afin de développer ses partenariats et ses relations avec les acteurs institutionnels américains.
Cette stratégie d’expansion intervient alors que Terra affirme avoir déjà obtenu plusieurs contrats de plusieurs millions de dollars auprès de gouvernements africains et d’opérateurs d’infrastructures critiques, notamment dans les secteurs pétrolier et minier. Selon l’entreprise, ses technologies sont actuellement utilisées pour contribuer à la protection d’actifs dont la valeur cumulée atteindrait environ 11 milliards de dollars.
Au Ghana, Terra Industries veut également franchir un cap industriel. En avril, la start-up avait annoncé son projet Pax-2, une installation de fabrication de quelque 34 000 pieds carrés, soit près de 3 160 m². L’entreprise ambitionne d’en faire la plus grande usine de drones d’Afrique. Une fois pleinement opérationnelle, cette unité devrait être capable de produire jusqu’à 50 000 systèmes autonomes par an.
Le portefeuille technologique de Terra couvre plusieurs applications, notamment la surveillance, la protection des infrastructures et les systèmes destinés à lutter contre les drones. Parmi ses solutions figure Archer, un système à décollage et atterrissage verticaux conçu pour les opérations à longue portée. L’entreprise développe également Kallon, une plateforme de surveillance équipée de plusieurs capteurs, d’un système de traitement des données et de capacités d’intelligence artificielle.
Terra a par ailleurs développé Iroko, un quadricoptère compact destiné notamment aux missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ainsi que Kama, un drone intercepteur qui a fait l’objet d’essais avec plusieurs forces armées ouest-africaines.
Jusqu’à présent, la demande adressée à Terra porte principalement sur la surveillance permanente des infrastructures et la sécurisation de sites considérés comme stratégiques ou à forte valeur. L’entreprise anticipe toutefois une accélération de la demande en systèmes aériens autonomes et en technologies de lutte contre les systèmes autonomes, alors que les gouvernements et les opérateurs d’infrastructures africains cherchent à renforcer leurs capacités technologiques.
Le directeur général de Terra Industries, Nathan Nwachuku, ambitionne désormais de porter le portefeuille de contrats de l’entreprise à plus de 100 millions de dollars et de générer un chiffre d’affaires à huit chiffres d’ici à la fin de l’année. Il indique également que la société mène des discussions avancées avec plusieurs gouvernements et forces armées africains pour le déploiement de ses systèmes autonomes.
« Ce financement stratégique supplémentaire nous aidera à étendre la capacité de production à mesure que nous approchons de l’achèvement de notre installation Pax-2 au Ghana », a déclaré Nathan Nwachuku. Il estime que cette capacité sera déterminante pour permettre à Terra de s’étendre sur d’autres marchés du Sud global et de développer de nouvelles activités autour de ses solutions de défense.
Par Amhed Coulibaly


