Après une première édition tenue le 5 décembre 2024, Impact Investing Burkina Faso, par l’intermédiaire de NERE Capital, a lancé ce mardi 24 février 2026 à Ouagadougou la deuxième édition de la Journée nationale de l’Investissement d’Impact (JNII). L’événement bénéficie du patronage d’Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances, et du parrainage de Son Excellence Jun Nagashima, ambassadeur du Japon au Burkina Faso.
Placée sous le thème « Renforcer l’écosystème de l’investissement d’impact au Burkina Faso », cette deuxième édition vise à structurer durablement le secteur au niveau national. Il s’agit notamment de favoriser des échanges approfondis sur le cadre politique, institutionnel et réglementaire, de sensibiliser et de fédérer les pouvoirs publics ainsi que les acteurs institutionnels autour des opportunités qu’offre l’investissement d’impact, et d’identifier des stratégies de financement adaptées aux petites et moyennes entreprises (PME) locales.

Selon Job Zongo, président de Néré Capital, la mission de cette journée est de mobiliser une intelligence collective composée d’acteurs sélectionnés pour la qualité de leur expertise. « Notre ambition est de mobiliser vos contributions afin de nourrir la structuration d’un écosystème cohérent, inclusif et performant de l’investissement d’impact au Burkina Faso », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Atieno Otonglo, Africa Lead au sein de GSG Impact, a souligné le fort potentiel du continent africain en matière d’investissement d’impact. Elle a estimé que le Burkina Faso peut émerger comme un exemple régional, à condition de poursuivre les efforts en matière d’entrepreneuriat et d’investissement responsable.

Environ 150 participants prennent part à cette édition, représentant un large éventail d’acteurs : institutions publiques, investisseurs, partenaires techniques et financiers, PME, organisations non gouvernementales et structures de la société civile. Cette diversité traduit la volonté de promouvoir une approche collaborative du développement du secteur.
Le programme de la journée s’articule autour de plusieurs panels thématiques conçus pour informer, susciter le dialogue et mobiliser les parties prenantes autour d’actions concrètes en faveur d’un écosystème plus efficace et inclusif.
Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Xavier Bambara, chargé de mission, a réaffirmé l’importance accordée par l’État aux investissements publics et privés. « Le développement durable de notre pays repose sur un partenariat solide entre l’État et le secteur privé », a-t-il souligné, rappelant les concertations régulières engagées pour identifier les contraintes structurelles et proposer des solutions adaptées.

Dans cette dynamique, les ministères en charge des Finances et du Commerce ont mis en place et renforcé plusieurs institutions dédiées à la promotion de l’investissement, notamment l’Agence burkinabè des investissements, la Caisse des dépôts et d’investissements et les fonds nationaux regroupés au sein du Fonds burkinabè de développement économique et social. Ces instruments constituent des leviers essentiels pour structurer l’investissement, sécuriser le financement et orienter le capital vers les priorités nationales.
Il a indiqué que, dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources concessionnelles, l’investissement d’impact apparaît comme un levier stratégique pour accélérer l’industrialisation, renforcer la sécurité alimentaire, soutenir les filières structurantes, favoriser l’inclusion financière et promouvoir la résilience climatique. La mobilisation accrue des ressources domestiques est ainsi érigée en priorité nationale, avec une meilleure orientation de l’épargne vers l’économie productive.
À l’en croire, cela implique une implication renforcée des banques dans le financement structuré des PME, une mobilisation stratégique des compagnies d’assurance et des fonds de pension, ainsi qu’un recours plus dynamique au marché financier régional à travers la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et la structuration de fonds d’investissement locaux capables d’accompagner les entreprises sur le long terme.
Pour sa part, l’ambassadeur Jun Nagashima a rappelé que le Japon considère l’investissement non comme une simple transaction financière, mais comme un levier de transformation sociale. Il a souligné que l’investissement d’impact privilégie une croissance partagée et durable plutôt que la recherche de profits rapides. Il a insisté sur la nécessité d’unir les forces des entrepreneurs burkinabè, la vision des investisseurs et l’accompagnement des partenaires pour relever les défis complexes et produire un impact significatif.

Initiée par Impact Investing Burkina Faso, dont le secrétariat est assuré par NERE Capital, la JNII s’inscrit dans une dynamique enclenchée depuis mai 2022 avec la mise en place d’une task force chargée de structurer le secteur et d’affilier le pays à GSG Impact. En mai 2025, « Impact Investing Burkina Faso » a été officiellement reconnu comme partenaire agréé de cette organisation internationale, faisant du Burkina Faso le premier pays francophone d’Afrique à obtenir ce statut.
Pour Job Zongo, cette reconnaissance constitue un point de départ vers une mobilisation accrue des ressources domestiques et internationales et vers une coordination renforcée entre acteurs publics et privés.

Par Bernadette W. Gansonré


