Le Fonds de Solidarité Africain (FSA) clôture l’exercice 2024 sur des indicateurs solides, confirmant son rôle croissant dans l’architecture du financement du développement sur le continent. Fort d’un portefeuille de plus de douze instruments allant de la garantie financière à la bonification de taux, le FSA s’affirme comme un levier incontournable pour la mobilisation de ressources en faveur des économies africaines. Le rapport révèle que l’exercice 2024 a permis de consolider la mise en œuvre du plan stratégique « New Frontier 2025 », lequel vise à positionner l’institution comme pivot du financement du développement en Afrique.
Au 31 décembre 2024, le Produit net bancaire (chiffre d’affaires) a affiché une progression de 2,82 %, passant de 10,53 milliards FCFA en 2023 à 10,82 milliards FCFA en 2024. Les charges d’exploitation s’établissent à 5,34 milliards FCFA, en diminution relative, ce qui permet au coefficient d’exploitation de s’améliorer de 0,57 en 2023 à 0,49 en 2024, pour une norme maximale de 1. « Ceci explique que la richesse créée a permis de couvrir nettement les charges d’exploitation », justifie la direction. En conséquence, l’excédent brut d’exploitation ressort à 7,32 milliards FCFA, en hausse de 1,60%.
Le bénéfice net progresse de manière significative, atteignant 3,27 milliards FCFA contre 2,19 milliards FCFA en 2023, soit une croissance de 49,36 %.
Cette performance s’explique, selon la direction, par l’augmentation des produits opérationnels, des placements financiers additionnels ayant enrichi l’activité financière, une maîtrise rigoureuse des charges et un bon dispositif de gestion des risques, limitant les provisions.
Quant au total bilan, il s’établit à 261,98 milliards FCFA, en hausse de 6,65 %.
La trésorerie atteint 63,2 milliards FCFA, en progression de 13,24 %, notamment grâce aux libérations de capital, aux encaissements du Fonds Spécial de Bonification (FSB) et aux recouvrements de créances.
Les créances sur actionnaires augmentent également, passant de 174,8 milliards FCFA à 183,7 milliards FCFA, s’accroissant de 5,12 %, tandis que les fonds propres effectifs progressent de 63,3 milliards FCFA à 71,9 milliards FCFA, soit une hausse de 13,73 %. Cette embellie, commente la direction, est liée essentiellement aux encaissements enregistrés au titre du capital et du Fonds Spécial de Bonification, ainsi qu’à la performance enregistrée sur 2024 en termes de bénéfice net.
Sur l’ensemble de l’année, le FSA a approuvé 870,6 milliards FCFA de garanties, permettant de mobiliser 1 560 milliards FCFA de financements.
Au 31 décembre 2024, les engagements globaux réels s’établissent à 493 milliards FCFA, en baisse de 19,37 % par rapport à 2023, en raison de l’extinction de plusieurs garanties “grands comptes” à maturités courtes. Ces engagements comprennent 364,7 milliards FCFA d’engagements réels (crédits effectivement décaissés) et de 128,4 milliards FCFA d’engagements virtuels (garanties signées mais non encore décaissées).
En outre, l’exercice 2024 du fond a été marqué par plusieurs évènements, dont l’un des faits majeurs est l’intégration du FSA au sein de l’Alliance des Institutions Financières Multilatérales Africaines (AIFMA), le 9 juillet 2024. Cette admission, approuvée par le Conseil d’administration de l’Alliance, ouvre de nouvelles perspectives en matière de partenariat, de mutualisation des risques et de synergies opérationnelles.
Par ailleurs, le capital appelable du Fonds s’est renforcé en 2024 avec l’adhésion du Maroc et de la Sierra Leone, approuvée le 21 juin à Abidjan. Le FSA compte désormais 23 États membres répartis dans sept Communautés Économiques Régionales, consolidant son assise continentale et son pouvoir de mobilisation de ressources.
Par Léon Yougbaré


