Malgré les recettes générées par la taxe sur les carburants, le gouvernement ghanéen a dû mobiliser 12,85 milliards de GH¢ supplémentaires, soit 660,5 milliards de FCFA, en 2025 pour financer les déficits du secteur énergétique et rembourser une partie de la dette accumulée par l’industrie.
Selon le rapport annuel sur la gestion du compte de soutien au secteur de l’énergie, les besoins financiers du secteur ont atteint 22,67 milliards de GH¢, soit près de 1 165,2 milliards de FCFA, au cours de l’année. Dans le détail, 11,48 milliards de GH¢ (590,1 milliards de FCFA) ont servi à couvrir les déficits opérationnels des entreprises énergétiques, tandis que 11,19 milliards de GH¢ (575,2 milliards de FCFA) ont été consacrés au remboursement des dettes héritées.
Face à ces besoins, les ressources mobilisées à travers la taxe sur le déficit et le remboursement de la dette du secteur énergétique (ESSDRL) se sont révélées insuffisantes. Les versements enregistrés au titre de cette taxe ont totalisé 8,81 milliards de GH¢, soit 452,8 milliards de FCFA, ce qui représente moins de la moitié des dépenses engagées.
Pour combler cet écart, le Trésor public a apporté un financement complémentaire de 12,85 milliards de GH¢ (660,5 milliards de FCFA), dont 5,16 milliards de GH¢ (265,2 milliards de FCFA) destinés à soutenir les opérations du secteur et 7,69 milliards de GH¢ (395,3 milliards de FCFA) affectés au règlement des dettes existantes.
Le Ghana a mis en place l’ESSDRL afin de résorber les déséquilibres financiers du secteur énergétique. Introduite dans le cadre de la loi de 2025 sur les prélèvements du secteur de l’énergie, cette taxe regroupe plusieurs prélèvements appliqués aux produits pétroliers.
En 2025, le gouvernement a relevé cette taxe de 1 GH¢, soit 50,40 FCFA par litre, sur certains carburants afin d’accroître les ressources disponibles. Cette mesure a permis de porter les recettes effectives à 8,66 milliards de GH¢, soit 445,1 milliards de FCFA, un niveau légèrement supérieur à l’objectif révisé de 8,62 milliards de GH¢ (443 milliards de FCFA).
Les performances de cette taxe ont également bénéficié d’une hausse des volumes de produits pétroliers consommés, soutenue par l’activité économique, ainsi que des mesures visant à réduire les détournements de carburants.
Malgré cette progression des recettes, le secteur énergétique continue d’afficher un déficit de financement important. À la clôture de l’exercice 2025, le compte de soutien au secteur de l’énergie présentait un solde de 252,23 millions de GH¢, soit environ 13 milliards de FCFA.
Par Bernadette W. Gansonré


