Le Ghana prépare un nouvel indicateur de développement intégrant bien-être, équité et environnement, au-delà du PIB

Le Service statistique du Ghana (GSS) travaille à l’élaboration d’un cadre d’analyse complémentaire au produit intérieur brut (PIB), destiné à offrir une lecture plus complète du développement économique et social du pays. Ce dispositif devrait intégrer, en plus de la croissance, des dimensions liées au bien-être, à l’équité, à la santé environnementale et à la résilience.

Utilisé depuis des décennies comme principal indicateur de performance économique, le PIB ne permet pas, à lui seul, d’évaluer si la croissance bénéficie effectivement à l’ensemble de la population, ni de mesurer son impact sur les ressources naturelles. Pour le GSS, cette limite justifie la mise en place d’outils capables d’apprécier également la répartition des richesses, la qualité de vie et la soutenabilité du modèle de développement.

Dans leur forme actuelle, les statistiques économiques ne permettent pas non plus de mesurer pleinement la dégradation des forêts, des sols ou des ressources en eau, ni de suivre l’évolution des inégalités sociales. Le nouveau cadre en préparation vise ainsi à intégrer ces dimensions à travers des indicateurs de capital naturel, de biodiversité et de répartition des revenus.

Le GSS indique déjà travailler sur le suivi des Objectifs de développement durable (ODD), ainsi que sur des comptes de capital environnemental, dans le cadre du système de comptabilité économique de l’environnement. Le futur dispositif aurait vocation à regrouper et à harmoniser ces différents outils afin de construire une vision plus cohérente du développement.

La mise en œuvre de ce projet se heurte toutefois à des contraintes de capacités. L’agence dispose d’environ 250 agents, alors que ses besoins sont estimés à plus de 500 pour assurer efficacement la collecte, le traitement et l’analyse des données. Parallèlement, elle procède à la révision de ses méthodes de calcul du PIB et de l’indice des prix à la consommation (IPC), ce qui accroît la pression sur ses ressources humaines et techniques.

Le Service statistique insiste sur la nécessité de concevoir un cadre adapté aux réalités du Ghana, plutôt que de reproduire des modèles internationaux. L’atelier organisé à Accra constitue ainsi une première étape vers l’élaboration d’une feuille de route nationale pour des indicateurs de développement plus complets.

Par Bernadette W. Gansonré

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