C’est une page qui se tourne pour le Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique a remboursé dans son intégralité le prêt de 3,4 milliards de dollars qu’il avait contracté auprès du Fonds Monétaire International (FMI) en avril 2020, au plus fort de la crise liée à la pandémie de COVID-19. Cette opération marque la sortie officielle du Nigeria de la liste des débiteurs du Fonds, selon les données publiées sur le site de l’institution basée à Washington.
Le prêt, octroyé au titre de l’Instrument de financement rapide (IFR), avait pour objectif de soutenir l’économie nigériane alors fragilisée par l’effondrement des prix du pétrole et les pressions budgétaires. Il s’agissait à l’époque de l’un des plus importants décaissements du FMI dans le cadre de cette facilité, accordé à des conditions allégées en comparaison aux programmes traditionnels.
La situation financière du Nigeria semble désormais plus robuste. La Banque centrale du pays a indiqué que les réserves nettes avaient atteint 23 milliards de dollars en 2024, un niveau jamais atteint depuis plus de trois ans. Une dynamique qui reflète, selon les autorités, l’impact des réformes économiques mises en œuvre récemment, notamment la libéralisation du marché des changes et la suppression des subventions aux carburants.
Ces mesures ont permis de restaurer une certaine confiance des investisseurs étrangers, favorisant des entrées de capitaux dans un pays qui reste le premier producteur de pétrole du continent africain. Le FMI lui-même, à l’issue d’une mission dirigée par Axel Schimmelpfennig, a salué les efforts des autorités pour stabiliser l’économie, tout en soulignant que les bénéfices de ces réformes ne se faisaient pas encore pleinement sentir dans les conditions de vie des Nigérians. La pauvreté et l’insécurité alimentaire restent élevées, reconnaît le Fonds.
D’un point de vue budgétaire, le remboursement du prêt constitue une bouffée d’oxygène pour le profil de dette extérieure du pays. En 2024, le service de la dette extérieure du Nigeria s’est élevé à 4,66 milliards de dollars, contre 3,5 milliards en 2023. Les créanciers multilatéraux ont représenté la plus grande part des remboursements, soit 2,62 milliards de dollars (56 % du total), avec le FMI seul représentant environ 35 %.
Si le Nigeria a réglé le principal du prêt, il continuera néanmoins à verser des paiements annuels liés aux droits de tirage spéciaux (DTS). En 2025, la charge est estimée à 22,35 millions de DTS, soit environ 30,2 millions de dollars, avec des échéances prévues en mai, août et novembre.
Par D.Ouattara


