Le prix de l’or atteint un record historique de 4 412,9 dollars l’once, pendant ce temps, le Burkina consolide sa production avec 70,4 tonnes d’or à fin septembre.

Portés par un cocktail mêlant tensions géopolitiques, attentes de détente monétaire aux États-Unis et repositionnement massif des investisseurs, l’or et l’argent ont inscrit de nouveaux sommets historiques en ce début de semaine. Les deux métaux signent ainsi leur meilleure performance annuelle depuis plus de quarante ans, renouant avec des dynamiques qui rappellent la fin des années 1970.

Sur les marchés, le lingot d’or a franchi un nouveau record à 4 412,94 dollars l’once, en hausse de plus de 1,5 %, dépassant son précédent pic d’octobre. L’argent n’est pas en reste, avec une progression allant jusqu’à 3,4 %, se rapprochant du seuil symbolique des 70 dollars l’once. À ce stade de l’année, or et argent sont fermement engagés vers leur meilleure performance annuelle depuis 1979.

Cette envolée intervient dans un contexte de fortes anticipations de baisse des taux d’intérêt américains. Les traders misent désormais sur deux assouplissements monétaires de la Réserve fédérale dès 2026, un scénario renforcé par les prises de position du président américain Donald Trump, qui plaide pour une politique monétaire plus accommodante. Une orientation traditionnellement favorable aux métaux précieux, qui ne génèrent pas de rendement, mais gagnent en attractivité lorsque les taux réels reculent.

À ces facteurs monétaires s’ajoute une montée des risques géopolitiques. Le durcissement du blocus pétrolier américain contre le Venezuela, accentuant la pression sur le régime de Nicolás Maduro, et la première attaque revendiquée par l’Ukraine contre un pétrolier de la flotte dite « fantôme » russe en Méditerranée, ont renforcé la fonction refuge de l’or et de l’argent. Dans ce climat, l’or affiche une hausse proche de 70 % depuis le début de l’année, soutenue par des achats soutenus des banques centrales.

Les données du World Gold Council confirment cette tendance : les ETF (fonds négocié en bourse) adossés à l’or ont enregistré des entrées nettes pendant quatre semaines consécutives, leurs avoirs ayant progressé chaque mois de l’année, à l’exception de mai. Cette ruée vers les actifs tangibles s’inscrit dans un mouvement plus large , marqué par le repli des obligations souveraines et des devises face aux inquiétudes liées à l’endettement public et aux politiques commerciales jugées agressives.

Le rallye ne se limite d’ailleurs pas à l’or et à l’argent. Le palladium a gagné plus de 4 %, tandis que le platine enchaîne une huitième séance consécutive de hausse, franchissant le seuil des 2 000 dollars l’once pour la première fois depuis 2008. Sur l’année, le platine affiche une envolée spectaculaire d’environ 125 %, portée par un resserrement de l’offre sur les marchés londoniens et par des exportations robustes vers la Chine.

Après un léger refroidissement observé en octobre, lorsque le marché était jugé en surchauffe, l’or semble avoir retrouvé un nouvel élan. Les analystes anticipent désormais une poursuite de la tendance en 2026. Goldman Sachs évoque un scénario central à 4 900 dollars l’once, avec des risques orientés à la hausse, soulignant la concurrence croissante entre investisseurs en ETF et banques centrales pour un approvisionnement physique de plus en plus contraint.

À 9h21 à Londres, l’or au comptant progressait de 1,7 % à 4 412,94 dollars l’once, l’argent gagnait 2,6 % à 68,88 dollars, le palladium avançait de plus de 3 % et le platine de 4,3 %.

Selon une récente perspective publiée en décembre par le Conseil mondial de l’or, le métal jaune pourrait encore progresser de 15 à 30 % en 2026. En 2025, l’or a déjà marqué plus de cinquante records historiques et généré des rendements supérieurs à 60 %, une performance exceptionnelle nourrie par l’incertitude économique et géopolitique et l’affaiblissement du dollar américain.

Les dernières news du secteur minier du Burkina Faso

Le Burkina Faso consolide progressivement sa place parmi les pays miniers de référence en Afrique, porté par une dynamique soutenue de la production aurifère, aussi bien industrielle qu’artisanale. Cette performance a été dévoilée lors de la deuxième session du Conseil d’administration du secteur ministériel de l’Énergie, des Mines et des Carrières, tenue le 16 décembre 2025.

À fin septembre 2025, la production totale d’or du pays s’est établie à 70,429 tonnes. Dans le détail, la production industrielle a atteint 40,869 tonnes sur la période. Cette progression s’explique notamment par la reprise des activités dans les mines d’or de Youga et de Boungou, ainsi que par l’entrée en production de la mine de Kiaka, venue renforcer les capacités industrielles nationales.

Parallèlement, la production issue de l’orpaillage, des exploitations semi-mécanisées et du traitement des résidus miniers collectés par la Société nationale des substances précieuses (SONASP) s’est élevée à 29,56 tonnes au 30 septembre 2025. Ce niveau illustre une montée en puissance significative de la production artisanale, devenue un maillon de plus en plus structurant de la filière aurifère burkinabè.

Par Drissa Ouattara

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet