Le gouvernement sénégalais a officiellement lancé, ce jeudi 18 septembre 2025, un emprunt obligataire par Appel public à l’épargne (APE) d’un montant de 300 milliards FCFA, dans le cadre de son plan de financement 2025. L’opération, qui se déroulera du 22 septembre au 10 octobre 2025, vise à mobiliser l’épargne nationale et internationale pour financer les projets stratégiques inscrits dans la vision « Sénégal 2050 ».
Cette levée de fonds, structurée en collaboration avec Impaxis Securities en qualité d’arrangeur principal et chef de file, bénéficie également du soutien d’un consortium de Sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) dont Société Générale Sénégal, co-arrangeur de l’opération, et de Société Générale Capital Securities West Africa, en tant que co-chef de file. Sur le plan technique, l’opération est scindée en quatre tranches offrant des rendements compétitifs et adaptés aux différents horizons de placement. Les obligations émises affichent des taux d’intérêt progressifs allant de 6,40 % sur trois ans à 6,95 % sur dix ans, avec une valeur nominale fixée à 10 000 FCFA.
Dans le détail, la première tranche vise une levée de 60 milliards FCFA, tandis que la seconde fixe le cap à 100 milliards avec un rendement de 6,60 % sur 5 ans. Les deux autres tranches concernent respectivement 80 et 60 milliards FCFA sur 7 et 10 ans, avec des rendements de 6,75% et 6,95%. Au-delà de la diversité des maturités proposées, l’attractivité de l’émission est renforcée par le fait que les revenus générés sont exonérés de tout impôt pour les investisseurs résidant au Sénégal, ce qui constitue un avantage non négligeable.
Lors du lancement officiel, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a insisté sur la dimension patriotique et symbolique de cet emprunt, qualifié de « pas de plus vers la souveraineté. L’opération se distingue également par l’introduction d’un volet spécialement dédié à la diaspora, une innovation qui permet aux Sénégalais de l’extérieur de contribuer directement, dans un cadre sécurisé et rentable, au financement de projets structurants dans des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé, les énergies renouvelables, l’agriculture, le numérique, la logistique et l’aménagement du territoire.
Le ministre a par ailleurs mis en perspective cet emprunt avec un ensemble de réformes économiques en cours. Il a notamment évoqué la réforme du Code des investissements destinée à attirer davantage de capitaux privés, la refonte du Code général des impôts pour construire un système fiscal plus équitable et plus efficace, ainsi que la modernisation du Code des douanes afin de fluidifier les échanges commerciaux et d’accroître la compétitivité du pays.
Avec ce troisième appel public à l’épargne de l’année, l’État du Sénégal entend conforter sa crédibilité sur les marchés financiers régionaux, fort du succès rencontré lors des précédentes émissions. Pour Cheikh Diba, cette nouvelle opération constitue à la fois un signal de confiance adressé aux investisseurs et un levier essentiel pour accélérer la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050. « Le Sénégal est en marche vers une économie plus forte, plus résiliente et plus solidaire », a-t-il déclaré, concluant que cet appel à l’épargne est « le symbole d’un Sénégal qui se réinvente ».
Par Léon Yougbaré


