Lors de son investiture à la présidence d’Afreximbank, le Dr George Elombi a denoncé les menaces croissantes qui visent les institutions financières multilatérales africaines. Selon lui, ces attaques de plus en plus hostiles représentent une remise en cause directe de la souveraineté économique du continent et du statut de créancier privilégié que ces institutions ont durement acquis.
Le nouveau président d’Afreximbank a dénoncé ce qu’il qualifie de « pratique néocoloniale » freinant depuis trois siècles le développement de l’Afrique. « Ces attaques ne surviennent pas parce que nous avons échoué, mais précisément parce que nous réussissons », a-t-il déclaré, estimant que les progrès accomplis par la Banque dérangent certains milieux internationaux.
Face à ces défis, le Dr Elombi a rappelé que l’institution s’est dotée d’outils lui permettant d’affronter les crises économiques et financières. « Afreximbank a bâti sa réputation d’institution contracyclique, capable de s’adapter à chaque contexte », a-t-il souligné. Toutefois, il a insisté sur l’émergence d’un nouveau type de menace : celle qui vise spécifiquement les institutions africaines détenues et dirigées par des Africains.
Certains reprochent à Afreximbank de s’aventurer hors de son mandat initial, parlant de « dérive de mission ». Le président réfute cette critique : « Comment l’Afrique peut-elle commercer si elle ne produit pas ? Et comment produire sans transformer la structure même de son commerce ? » Pour lui, la transformation structurelle, la création de capacités productives et la valorisation des chaînes de valeur ne constituent pas une déviation, mais l’essence même du mandat de la Banque.
George Elombi a également tenu à rappeler que le statut de créancier privilégié d’Afreximbank ne dépend pas de la bonne volonté des gouvernements, mais du Traité constitutif signé par tous les États membres. Ce texte interdit à tout pays membre de suspendre les remboursements ou d’accorder un traitement préférentiel à d’autres institutions internationales au détriment de la Banque.
Répondant aux critiques sur le coût des prêts accordés par Afreximbank, il a souligné que les « prêts concessionnels » vantés par d’autres partenaires ont souvent un coût social bien plus élevé : pertes d’emplois, instabilité politique, restrictions sur les investissements publics et dépendance accrue aux matières premières.
« Ces attaques coordonnées sont la preuve de notre succès. Nous offrons aux Africains des sources alternatives de financement qui réduisent leur dépendance à l’aide et aux subventions », a-t-il insisté, rendant hommage à ses prédécesseurs, notamment le professeur Benedict Oramah, pour avoir su hisser la Banque au rang d’acteur incontournable du financement du commerce africain.
Enfin, George Elombi a appelé à placer la création de valeur au cœur du développement africain. Selon lui, seule une base industrielle forte et intégrée permettra au continent de tirer parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). « L’avenir du continent réside dans la transformation de ses ressources sur son propre sol. En ajoutant de la valeur à nos richesses, nous bâtirons des industries résilientes et créerons des emplois durables », a-t-il conclu.



