La Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) vient d’enregistrer un succès marquant sur le marché international des capitaux avec une émission d’obligations hybrides durables de 500 millions de dollars. Cette opération de l’institution régionale, a suscité un vif intérêt des investisseurs, avec une demande culminant à 1,9 milliard de dollars en une journée, soit un taux de sursouscription de 3,4 fois.
Doté d’une maturité de 30 ans et d’une période de non-rachat de cinq ans, cet instrument financier affiche un coupon de 5,9 % en équivalent euros. Le succès de cette émission a permis un resserrement du spread de 37,5 points de base par rapport à l’offre initiale, confirmant la solidité du profil de crédit de la BOAD. Avant cette levée de fonds, la banque avait déjà mobilisé 204 millions de dollars en placements privés, notamment auprès de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA) et de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) en 2023 et 2024.
Cette émission permet à la BOAD de dépasser son objectif initial de 600 millions de dollars en obligations hybrides et d’atteindre 95 % de son objectif d’augmentation de capital dans le cadre du Plan Stratégique Djoliba. L’institution renforce ainsi son ratio fonds propres/actifs à 41,7 %, augmentant sa capacité de financement pour de nouveaux projets développement en Afrique de l’Ouest.
L’allocation des titres reflète un intérêt diversifié : 44 % des obligations ont été acquises par des investisseurs britanniques, suivis par la Suisse (20 %), les États-Unis (13 %), l’Europe hors Royaume-Uni et Suisse (19 %), le Moyen-Orient (3 %) et l’Asie (2 %). Du côté des profils d’investisseurs, les gestionnaires d’actifs dominent avec 69 % des souscriptions, suivis des hedge funds (20 %), des banques privées (6 %) et des fonds de pension et assurances (5 %).
Les fonds levés seront consacrés au financement et au refinancement de projets verts et sociaux conformes aux engagements de la BOAD en matière de développement durable. Cette opération stratégique renforce ainsi le rôle de la banque en tant qu’acteur clé du financement de la croissance durable et de l’amélioration des conditions de vie au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Par Ouattara


