Les marchés pétroliers ont brusquement changé de cap mardi, après avoir atteint la veille leurs plus hauts niveaux depuis plus de trois ans. Le baril s’est replié autour de 91 dollars, sous l’effet de déclarations du président américain Donald Trump laissant entrevoir une fin prochaine de la guerre au Moyen-Orient.
Selon Reuters, ces propos ont contribué à calmer les craintes d’une perturbation durable de l’approvisionnement mondial en pétrole. Depuis près de deux semaines, les marchés sont sous tension en raison de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, un conflit qui fait planer le risque d’un choc énergétique majeur sur les marchés internationaux.
La réaction des marchés a été immédiate. Les prix mondiaux du pétrole ont chuté d’environ 7 % après les déclarations de Donald Trump, même si la réaction de l’Iran n’a pas encore confirmé cette perspective d’accalmie. À 13h07 GMT, les contrats à terme sur le Brent reculaient de 7,15 dollars, soit 7,2 %, à 91,81 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) cédait pour sa part 6,26 dollars, soit 6,6 %, à 88,51 dollars le baril. Au plus fort de la séance, les deux références pétrolières ont même accusé une baisse pouvant atteindre 11 %.
Les volumes d’échanges ont également reculé. Les transactions sur le Brent sont tombées autour de 328 000 contrats, leur plus bas niveau depuis le 27 février, juste avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Les volumes du WTI ont, eux, chuté à environ 296 000 contrats, leur niveau le plus faible depuis le 23 février.
Cette correction intervient au lendemain d’une flambée spectaculaire des cours. Lundi, le pétrole avait dépassé les 119 dollars le baril, un niveau inédit depuis la mi-2022, dans un contexte marqué par les réductions de production décidées par l’Arabie saoudite et d’autres producteurs, alimentant les craintes d’une forte contraction de l’offre mondiale.
Les prix ont commencé à refluer après un échange téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et Donald Trump. Selon un assistant du Kremlin, le dirigeant russe aurait évoqué des propositions visant à parvenir rapidement à un règlement du conflit, contribuant à rassurer les marchés sur la continuité de l’approvisionnement pétrolier.
Dans une interview accordée à CBS News, Donald Trump a estimé que la guerre contre l’Iran était « très complète » et que Washington était « très en avance » sur le calendrier initial, qui prévoyait entre quatre et cinq semaines d’opérations.
Par Amhed Coulibaly


