La Côte d’Ivoire s’est imposée en 2025 comme la première destination africaine des capitaux consacrés à l’exploration minière, devant la République démocratique du Congo (RDC). Une performance qui atteste de l’attractivité croissante du pays auprès des investisseurs miniers, dans un contexte de concurrence accrue pour les financements dédiés à la découverte de nouveaux gisements.
La carte des investissements dans l’exploration minière en Afrique s’est redessinée en 2025. Selon le rapport annuel de performance 2025 de la Chambre des mines du Ghana, les dépenses d’exploration sur le continent ont progressé de 10,44 %, pour atteindre 1,435 milliard de dollars, contre 1,30 milliard de dollars en 2024.
Cette progression a notamment été portée par une hausse des allocations destinées à des projets en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud, au Ghana et en Tanzanie. La Côte d’Ivoire s’est toutefois distinguée en devenant le premier bénéficiaire africain des capitaux consacrés à l’exploration minière, reléguant la RDC à la deuxième place.
La performance ivoirienne intervient dans un environnement mondial marqué par une légère contraction des dépenses d’exploration. À l’échelle internationale, les investissements dans les projets d’exploration minière ont diminué de 0,63 % en 2025, passant de 12,479 milliards de dollars à 12,401 milliards de dollars.
Les conditions de financement plus strictes, les taux d’intérêt élevés et l’intensification des risques géopolitiques ont contribué à cette baisse. Dans ce contexte, la progression des capitaux consacrés à l’exploration en Afrique apparaît d’autant plus significative.
La compétition entre les pays producteurs porte désormais autant sur l’exploitation des ressources existantes que sur leur capacité à attirer les capitaux nécessaires à la découverte des gisements de demain.
L’or demeure le principal moteur des investissements mondiaux dans l’exploration minière. Les dépenses consacrées à ce métal ont progressé de 10,85 %, pour atteindre 6,153 milliards de dollars en 2025, contre 5,551 milliards de dollars un an auparavant. L’or a ainsi concentré près de la moitié des dépenses mondiales d’exploration.
Le cuivre a également bénéficié d’un regain d’intérêt, avec des dépenses en hausse de 2,04 %, à 3,266 milliards de dollars. L’argent a enregistré une progression de 9,16 %, à 531,6 millions de dollars.
À l’inverse, l’intérêt des investisseurs pour le lithium et le nickel s’est nettement contracté. Les dépenses consacrées à l’exploration du lithium ont chuté de 46,44 %, à 595 millions de dollars, tandis que celles dédiées au nickel ont reculé de 37,32 %, à 332,2 millions de dollars.
Au-delà de la compétition pour les capitaux d’exploration, le continent africain a également renforcé sa contribution à l’offre mondiale d’or.
La production aurifère africaine a augmenté de 3,67 % en 2025, à 1 058,8 tonnes, contre 1 021,3 tonnes en 2024. La part de l’Afrique dans la production minière mondiale est ainsi passée de 27,3 % à 27,74 %.
Le Sénégal et le Zimbabwe ont notamment contribué à cette progression, avec des hausses de production respectives de 20,26 % et 23,81 %.
L’Afrique du Sud, deuxième producteur africain, a en revanche enregistré une légère baisse, à 98,7 tonnes contre 98,9 tonnes en 2024, dans un contexte marqué par les difficultés structurelles et opérationnelles de l’exploitation minière en profondeur.
Par Drissa Ouattara


