Le Niger pourrait bénéficier, dès mars 2026, d’un nouveau décaissement du Fonds monétaire international (FMI), à la suite d’un accord de principe conclu entre les autorités et les services de l’institution. L’achèvement du huitième examen du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) et du quatrième examen au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) ouvrirait la voie à un appui financier total d’environ 54,6 milliards de FCFA, soit 91 millions de dollars américains, sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI.
Concrètement, la validation de l’examen FEC permettrait un décaissement d’environ 36,6 milliards de FCFA, soit 61 millions de dollars US. L’achèvement de l’examen FRD autoriserait, pour sa part, un décaissement additionnel de 18 milliards de FCFA, équivalant à près de 30 millions de dollars US. Ces ressources visent à contribuer à la couverture des besoins de financement extérieur du pays.
Ce décaissement potentiel s’explique par les avancées jugées globalement satisfaisantes dans la mise en œuvre du programme appuyé par le FMI. Malgré un contexte marqué par des tensions sécuritaires et des chocs climatiques répétés, les autorités ont enregistré des améliorations notables dans la gestion macroéconomique, la mobilisation des recettes et la conduite des réformes structurelles. Ces progrès ont permis de préserver les grands équilibres et de maintenir la confiance des partenaires techniques et financiers.
Dans ce contexte, les perspectives macroéconomiques demeurent solides. La croissance du PIB réel est projetée à 6,9 % en 2025 et à 6,7 % en 2026, en dépit de chocs exogènes importants, notamment sécuritaires et climatiques. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une expansion soutenue par les investissements publics et privés, ainsi que par la montée en puissance du secteur pétrolier, devenu un moteur central de l’activité économique.
L’amélioration du cadre macroéconomique se reflète également dans l’évolution des prix. L’inflation a reculé à 4,6 % en 2025, principalement grâce à une bonne campagne agricole ayant favorisé une détente des prix alimentaires. Cette baisse a contribué à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et à stabiliser l’environnement économique. Pour 2026, une remontée modérée est attendue, dans un contexte de normalisation progressive des conditions de marché.
Sur le front budgétaire, le déficit de 2025 devrait rester globalement aligné sur les objectifs fixés dans le programme. En revanche, il est attendu à 3,7 % du PIB en 2026, en raison de dépenses supplémentaires liées aux chocs climatiques. Ces pressions budgétaires devraient être partiellement compensées par les réformes fiscales en cours.
Selon le FMI, les autorités ont également prévu des mesures d’urgence en matière de recettes et de dépenses au cas où les conditions de financement viendraient à se durcir davantage. Par ailleurs, elles réaffirment leur attachement à une stratégie d’endettement prudente, privilégiant les financements concessionnels et l’allongement des maturités de la dette intérieure afin de réduire les tensions sur le service de la dette et de préserver des marges pour les dépenses prioritaires.
En plus des indicateurs conjoncturels, l’accent reste mis sur les réformes structurelles. Le rétablissement des comités d’arbitrage et de régulation des marchés publics, l’adoption progressive du Compte unique du Trésor, ainsi que les réformes de la gestion des finances publiques et de la lutte contre la corruption figurent parmi les priorités. Ces mesures visent à améliorer la mobilisation des ressources internes, à accroître l’efficacité de la dépense publique et à renforcer la transparence.
Par ailleurs, le secteur financier fait également l’objet d’une attention particulière. Les autorités poursuivent leurs efforts pour renforcer la capacité du système bancaire à soutenir une croissance tirée par le secteur privé.
Le volet FRD complète cet ensemble en soutenant les réformes et les investissements destinés à atténuer les vulnérabilités climatiques. Dans le cadre de ce quatrième examen, les autorités ont finalisé les évaluations de la vulnérabilité climatique des principaux projets d’investissement public et renforcé l’intégration des risques climatiques dans les budgets.
Par Bernadette W. Gansonré
Dollar US : 600 FCFA


