Les autorités de Niamey et les services du Fonds ont trouvé un terrain d’entente sur la septième revue du programme économique dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la troisième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Un double accord technique qui devra encore être validé par la direction du FMI, puis par son Conseil d’administration, attendu en juillet 2025.
Si ce feu vert est obtenu, le Niger pourra débloquer deux tranches de financement : 13,2 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 17,8 millions de dollars (10,4 milliards FCFA) au titre de la FEC, et 17,1 millions de DTS, soit environ 23,1 millions de dollars (13,6 milliards FCFA) dans le cadre de la FRD. Ces fonds sont destinés à couvrir les besoins de financement extérieur et à renforcer la résilience du pays face aux chocs, notamment climatiques.
Malgré un contexte difficile, le FMI anticipe une croissance robuste de 6,6 % en 2025 pour le Niger, soutenue par une reprise de l’activité agricole et pétrolière. L’inflation devrait, elle, retomber à 4,2 %, contre des niveaux plus élevés enregistrés ces dernières années. Toutefois, les incertitudes demeurent, en particulier liées à la situation sécuritaire et à un accès plus restreint aux financements extérieurs en raison de la baisse de l’aide internationale.
Sur le plan budgétaire, Niamey s’engage à poursuivre l’assainissement de ses finances publiques, avec un ajustement prévu de 1,3 point de PIB en 2025 pour atteindre un déficit de 3 %. L’effort se fera principalement via une meilleure mobilisation des recettes fiscales, tandis que les dépenses seront maîtrisées sans entamer les priorités sociales. Le gouvernement promet également une gestion prudente de la dette, avec un recours privilégié aux financements concessionnels et aux dons.
Le FMI note avec satisfaction les progrès réalisés, notamment dans l’apurement des arriérés de dette et dans les réformes structurelles. Des avancées sont signalées sur la révision du code général des impôts et sur la mise en œuvre d’une stratégie de gestion des revenus pétroliers. L’institution internationale salue également la réactivation des organes de contrôle des finances publiques, un pilier essentiel pour améliorer la transparence et la gouvernance.
Enfin, les ressources issues de la FRD soutiennent des initiatives visant à intégrer pleinement les enjeux climatiques dans la planification budgétaire. Les autorités nigériennes accélèrent la mise en œuvre de mesures pour une gestion publique plus sensible aux défis environnementaux, dans un pays particulièrement exposé aux aléas climatiques.
Par Drissa Ouattara


