Niger : Les ressources mobilisées au cours des 09 premiers mois de 2025 s’élèvent à plus de 2 360 milliards de F CFA.

Malgré un contexte d’exécution budgétaire contraignant, marqué par les effets persistants des sanctions économiques de 2023, la mobilisation des recettes publiques nigériennes affiche une résilience notable. À fin septembre 2025, le montant total des ressources mobilisées s’élève à 2 360,93 milliards de F CFA. Ces ressources se composent de 1 206,43 milliards de F CFA de recettes budgétaires ainsi que de 1 154,50 milliards de F CFA d’emprunts.

Les recettes internes constituent le principal pilier de la performance budgétaire observée sur la période. Ainsi, sur un objectif cumulé de 1 098,72 milliards de F CFA, les réalisations atteignent 1 017,74 milliards de F CFA, soit un taux de réalisation de 92,63 %. Cette dynamique repose essentiellement sur les recettes fiscales qui, exonérations comprises, s’élèvent à 931,50 milliards de F CFA et représentent 91,53 % de l’ensemble des recettes internes. En mode CASH+OP (les encaissements effectifs et les opérations comptabilisées), ces recettes ressortent à 896,09 milliards de F CFA, correspondant à 88,05 % des réalisations totales.

Au troisième trimestre seulement, la Direction générale des impôts, la Direction générale des douanes et la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique ont mobilisé 371,86 milliards de F CFA pour des prévisions cumulées de 355,89 milliards de F CFA, soit un taux de réalisation de 104,49 %. Hors exonérations, les recouvrements s’élèvent à 334,01 milliards de F CFA, correspondant à un taux de 110,25 %, tandis que les exonérations accordées sur la période atteignent 37,85 milliards de F CFA.

S’agissant spécifiquement de la Direction générale des impôts, les résultats enregistrés au troisième trimestre 2025 sont globalement satisfaisants. En effet, sur un objectif fixé à 233,87 milliards de F CFA, les réalisations atteignent 240,91 milliards de F CFA, soit un taux de réalisation de 103,01 %. Dans le même temps, les recettes CASH+OP s’établissent à 236,70 milliards de F CFA pour un objectif de 219,65 milliards de F CFA, correspondant à un taux de 107,76 %.

Les recettes de la douane présentent une évolution contrastée. Les droits de douane et les amendes associées s’élèvent à 79,52 milliards de F CFA, dont 33,64 milliards d’exonérations, soit un produit net de 45,88 milliards. Les prélèvements communautaires atteignent 2,99 milliards pour 3,03 milliards prévus. Au total, les recettes brutes au cordon douanier s’établissent à 82,51 milliards contre 97,43 milliards attendus, soit un taux de réalisation de 84,69 %.

Par rapport à la même période de 2024, ces recettes progressent de 30,06 milliards, tirées principalement par les droits de douane et la TVA à l’importation. Cependant, cette performance reste limitée par l’insécurité, les obstacles à la libre circulation des marchandises aux frontières et l’irrégularité des approvisionnements via le corridor sécurisé Lomé-Ouagadougou-Niamey.

En ce qui concerne la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, les recettes recouvrées au troisième trimestre 2025 se distinguent par une performance exceptionnelle. Elles s’élèvent à 48,44 milliards de F CFA pour une prévision de 24,59 milliards de F CFA, soit un taux de réalisation de 196,94 %. Cette situation est principalement liée aux versements effectués au titre des frais de licence de téléphonie et aux commissions sur transferts.

Par ailleurs, la contribution des recettes pétrolières renforce de manière significative les résultats d’ensemble. Les impôts pétroliers génèrent 102,01 milliards de F CFA pour des prévisions de 72,45 milliards de F CFA, soit un taux de réalisation de 140,79 %. Ils représentent ainsi 27,43 % des recettes internes, exonérations comprises.

Enfin, contrairement aux recettes internes, les recettes externes demeurent en retrait. Composées des aides budgétaires et des dons projets et legs, elles ont été décaissées à hauteur de 15,71 milliards de F CFA sur des prévisions trimestrielles de 57,87 milliards de F CFA, soit un taux de décaissement de 27,15 %. Ces décaissements concernent exclusivement les aides projets sur la période considérée.

Par Leila Toé

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