Le Sénat nigérian a adopté la loi sur la réforme de l’industrie de l’assurance, introduisant de nouvelles exigences de capital minimum pour les compagnies d’assurance. Ce texte ambitieux abroge les lois précédentes encadrant le secteur et met en place une structure réglementaire fondée sur les risques. Il vise à renforcer la résilience de l’industrie face à des défis croissants, notamment l’inflation, la dépréciation du naira et les nouveaux risques émergents comme la cyberassurance et l’assurance-crédit à la consommation.
La réforme fixe désormais le capital minimum à 6 milliards FCFA (15 milliards de nairas) pour les entreprises d’assurance non-vie, à 4 milliards FCFA (10 milliards de nairas) pour les assurances-vie, et à 14 milliards FCFA (35 milliards de nairas) pour les entreprises de réassurance. Ces seuils marquent une augmentation substantielle par rapport aux anciens niveaux, qui s’établissaient respectivement à 1,2 milliard FCFA, 800 millions FCFA et 4 milliards FCFA. Les nouvelles règles imposent également aux compagnies d’assurance de déposer ces fonds auprès de la Banque centrale du Nigeria.
Cette initiative donne à la Commission nationale des assurances les outils nécessaires pour mettre en œuvre des exigences de capital fondées sur les risques, prenant en compte les vulnérabilités liées à l’assurance, au marché et aux opérations. Selon les législateurs, cette approche améliorera la compétitivité des entreprises nigérianes, réduira la fuite des capitaux vers des assureurs étrangers et renforcera la position du pays dans le cadre de l’Accord de libre-échange continental africain.
Cependant, la réforme ne fait pas l’unanimité. L’Association des assureurs nigérians (NIA) a exprimé ses réserves. Kunle Ahmed, président de la NIA, a proposé des seuils de capital moins élevés : 3 milliards de FCFA pour les assurances-vie, 4 milliards de FCFA pour les assurances non-vie et 8 milliards de FCFA pour la réassurance. Il a également plaidé pour un système de capital proportionnel aux risques encourus.
Le Sénat, tout en reconnaissant ces préoccupations, a maintenu les nouveaux seuils, affirmant qu’ils sont essentiels pour protéger les consommateurs et garantir la stabilité de l’industrie dans un marché mondial en constante évolution.
La conversion a été faite sur un taux de 1 NGN = 0,41 FCFA
Par Ouattara


