La raffinerie Dangote s’impose comme le principal bénéficiaire de l’amélioration de l’approvisionnement en pétrole brut des raffineries nigérianes. Entre avril et juin 2026, l’installation de 650 000 barils par jour a reçu 52,6 millions de barils, sur les 53,7 millions de barils livrés aux raffineries locales, selon les données de la Commission nigériane de régulation du pétrole en amont (NUPRC).
La raffinerie de Dangote confirme son poids croissant dans le paysage énergétique nigérian. Au deuxième trimestre 2026, l’immense complexe de raffinage construit par le groupe de l’homme d’affaires Aliko Dangote a capté 52,6 millions de barils de pétrole brut et de condensats, soit près de la totalité des volumes effectivement livrés aux raffineries nationales.
Sur l’ensemble du marché nigérian du raffinage local, les producteurs ont livré 53,7 millions de barils entre avril et juin, contre seulement 28,5 millions de barils au premier trimestre. Les approvisionnements ont ainsi bondi d’environ 88 % en trois mois, illustrant une nette amélioration du respect de l’obligation d’approvisionnement en brut domestique, le Domestic Crude Supply Obligation (DCSO).
La performance globale du dispositif a atteint 97,4 % au deuxième trimestre, contre moins de la moitié des volumes alloués effectivement livrés au cours des trois premiers mois de l’année.
Dangote absorbe 98 % des volumes proposés aux raffineries locales
Les chiffres de la NUPRC illustrent surtout la place désormais occupée par la raffinerie Dangote dans le système pétrolier nigérian.
Pour le deuxième trimestre, l’installation avait déclaré un besoin de 63 millions de barils de brut. Les producteurs lui ont proposé 68,1 millions de barils, soit environ 5,1 millions de barils de plus que ses besoins déclarés.
Cette proposition représentait à elle seule environ 98 % de l’ensemble des volumes de brut proposés aux raffineries nationales au cours de la période.
Au final, Dangote a acheté 52,6 millions de barils, soit environ 78 % des volumes qui lui avaient été proposés.
Cette différence entre les volumes proposés et les volumes effectivement achetés souligne toutefois que l’obligation réglementaire ne garantit pas automatiquement la réalisation des transactions. Le cadre nigérian repose sur le principe du « vendeur consentant, acheteur consentant », laissant une place déterminante aux négociations commerciales, aux prix et aux conditions contractuelles.
Cette performance constitue un retournement important par rapport au premier trimestre 2026, marqué par des difficultés d’approvisionnement des raffineries nationales.
En avril, les producteurs avaient reçu une allocation d’environ 18,1 millions de barils pour le marché domestique et proposé 19,3 millions de barils. Les livraisons effectives ont finalement atteint 20,9 millions de barils, soit un taux de conformité de 114,9 %.
La dynamique s’est toutefois dégradée en mai. Sur une allocation d’environ 18,8 millions de barils et des propositions atteignant 23,2 millions de barils, seulement 14,2 millions de barils ont été effectivement livrés, ramenant le taux de conformité à 75,8 %.
Le marché a ensuite retrouvé un niveau supérieur aux allocations en juin. Les producteurs ont livré 18,6 millions de barils, contre une allocation d’environ 18,2 millions, portant la conformité mensuelle à 102,4 %.
Par Amhed Coulibaly


