Nigeria : l’AFC et le Fonds de développement des minéraux solides annoncent un investissement de 1,3 milliard de dollars dans les minéraux solides

Le Nigeria s’apprête à opérer un tournant majeur dans le développement de son secteur des minéraux solides. Le gouvernement fédéral a annoncé un accord d’investissement inédit, d’une valeur de 1,3 milliard de dollars US qui pourrait injecter une nouvelle dynamique dans une industrie longtemps reléguée au second plan au profit du pétrole.

Cet investissement, dirigé par la Société financière africaine (AFC) et le Fonds de développement des minéraux solides, représente le plus important projet minier privé de l’histoire du pays. Il est appelé à générer plus de 25 milliards de dollars de valeur ajoutée pour le Produit intérieur brut (PIB) du Nigeria sur toute la durée de vie du projet.

Une renaissance portée par les réformes

Lors de son allocution à Abuja, le ministre du Développement des minéraux solides, Dele Alake, a souligné que ce projet marque un tournant stratégique. Il prévoit l’installation d’un hub de transformation de minéraux critiques sur le territoire nigérian, avec une contribution annuelle estimée à 1,2 milliard de dollars à l’économie du pays.

Pour le ministre, cet investissement reflète la confiance croissante dans les réformes mises en œuvre par son ministère. « C’est une approbation claire de notre orientation actuelle et de la volonté de capitaliser les investissements privés pour sortir le secteur de l’ombre », a-t-il déclaré.

Vers une gestion à dominante privée

Au cœur du projet, une nouvelle entreprise minière nationale la Nigerian Mining Corporation (NMC) verra le jour, détenue à 50 % par le secteur privé et à 25 % par l’État, le reste étant réparti entre d’autres parties prenantes. Déjà dotée d’un PDG et d’une structure opérationnelle, cette entité ambitionne de fonctionner selon les standards de gestion privée.

« Cela limitera l’influence du gouvernement dans la gestion quotidienne, tout en assurant la pérennité et la rigueur dans l’administration », a insisté Alake.

Un retard criant à rattraper

Ce nouveau départ intervient dans un contexte de retard criant en matière d’investissement dans l’exploration minière. Malgré son potentiel géologique, le Nigeria n’avait consacré que 2 millions de dollars à l’exploration minière. À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire en a investi 148 millions de dollars, le Sénégal 48 millions de dollars et la Sierra Leone 14 millions de dollars.

Le ministre déplore ce sous-investissement chronique, qu’il attribue à la dépendance excessive du pays aux revenus pétroliers. « Pendant longtemps, nous avons ignoré les secteurs productifs comme les mines, l’agriculture ou l’industrie. Le pétrole nous a aveuglés. Nous importions tout, même des cure-dents », a-t-il ironisé.

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