Le Nigeria intensifie sa stratégie de développement des infrastructures en plaçant les partenariats public-privé (PPP) au cœur de sa politique. À l’ouverture du Sommet nigérian sur les PPP, lundi 16 juin 2025 à Abuja, le vice-président Kashim Shettima a réaffirmé la volonté du gouvernement de s’appuyer sur le secteur privé pour combler un déficit estimé à plus de 2 300 milliards de dollars, tout en assurant aux investisseurs que le pays reste « ouvert aux affaires ».
« Nous ne pouvons pas bâtir une économie du XXIe siècle avec les infrastructures du siècle précédent », a déclaré Shettima, ajoutant que le financement public exclusif n’est plus viable. Face à cette réalité, l’État fédéral entend s’appuyer davantage sur les capitaux privés pour accélérer les projets structurants, notamment dans les transports, la santé, l’énergie, l’eau potable et l’éducation.
Le gouvernement a ainsi renforcé les capacités de la Commission de réglementation des concessions d’infrastructures (CICR), réduit les lourdeurs administratives et aligné ses procédures sur les standards internationaux. Il s’appuie également sur un Plan directeur national d’infrastructure intégrée (2020-2043), dont l’objectif est de porter la contribution des infrastructures au PIB de 30-35 % actuellement à 70 % à l’horizon 2043.
Avec une population de plus de 230 millions d’habitants qui pourrait atteindre 440 millions d’ici 2050, le Nigeria veut faire valoir son immense potentiel de marché. Le gouvernement appelle les investisseurs à dépasser les perceptions de risque et à saisir les opportunités d’un pays en pleine mutation.
Des projets comme l’Initiative de développement et de gestion des autoroutes, le complexe médical d’Egini ou encore le barrage de Dasin Hausa illustrent cette volonté de créer un cadre durable, piloté par des acteurs privés. Le directeur général de la CICR a par ailleurs rappelé que tous les projets devront respecter les principes de légalité, de viabilité économique et d’impact social.
Le gouvernement s’appuie sur une coalition de partenaires, dont la Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank, l’IFC, Africa50 et le Nigerian Economic Summit Group (NESG), pour accompagner sa transition infrastructurelle. Des directives présidentielles récentes obligent désormais les ministères et agences gouvernementales à se conformer strictement aux règles encadrant les PPP, un pas de plus vers un environnement d’investissement plus transparent et plus structuré.
Par Drissa Ouattara


