Nigeria : les fonds de pension bientôt autorisés à miser davantage sur les infrastructures et le capital-investissement

Le Nigeria s’apprête à assouplir sa réglementation sur les investissements des fonds de pension afin de dynamiser les rendements des retraités tout en soutenant son développement économique. La Commission nationale des pensions (PenCom) finalise en effet une révision de la règle qui limite actuellement à 5 % la part des actifs pouvant être investie dans les infrastructures et le capital-investissement.

Selon Ibrahim Buwai, porte-parole de l’institution, de nouvelles limites devraient être annoncées d’ici la fin du trimestre. L’objectif est de mieux diversifier les portefeuilles et réduire la dépendance des caisses de retraite aux instruments à revenu fixe, qui représentent encore 62 % de leurs actifs. Or, l’inflation, restée au-dessus de 20 % pendant deux années consécutives, combinée à une dépréciation de près de 70 % du naira face au dollar, a largement érodé les rendements réels. « Nous voulons vraiment voir une traction dans ces actifs alternatifs pour compléter les rendements des titres à revenu fixe et des actifs traditionnels », a insisté Buwai.

En parallèle, PenCom envisage d’assouplir une autre règle, qui impose aujourd’hui aux fonds d’infrastructure de consacrer au moins 60 % de leurs portefeuilles à des projets localisés au Nigeria. Une exigence jugée trop restrictive par de nombreux gestionnaires, qui plaident pour une plus grande marge de manœuvre et davantage d’opportunités de diversification.

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Cette réforme intervient alors que le secteur des retraites affiche une montée en puissance dans l’économie nationale. En avril dernier, la directrice générale de PenCom, Omolola Oloworaran, rappelait que 5 510 milliards de nairas d’actifs de retraite ont déjà été orientés vers les infrastructures, l’immobilier, le capital-investissement ou encore les initiatives infranationales. Elle a également souligné la croissance de 22,65 % de la valeur liquidative du secteur en un an, passant de 18 360 milliards de nairas en décembre 2023 à 22 510 milliards en décembre 2024, grâce à des contributions soutenues et à une hausse des revenus de placement.

Toutefois, des obstacles demeurent. À ce jour, seuls 86 instruments financiers répondent aux critères réglementaires de liquidité et de flottant, un nombre jugé insuffisant pour répondre à la demande croissante des fonds de pension. Ce déficit souligne la nécessité d’élargir le champ des investissements admissibles pour permettre aux régimes de retraite nigérians de jouer pleinement leur rôle dans la transformation économique du pays.

Par Drissa Ouattara

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