Le Nigeria conforte ses finances publiques. Entre janvier et juillet 2026, le pays a collecté 11 958 milliards FCFA d’impôts, soit près de 96 % du montant enregistré sur l’ensemble de l’année 2025. Cette performance intervient dans un contexte de profonde transformation du système fiscal, marqué par la numérisation des procédures et l’entrée en vigueur de nouvelles réformes.
Selon le Nigeria Revenue Service (NRS), les recettes fiscales ont atteint en moyenne 56,39 milliards FCFA par jour au cours des sept premiers mois de 2026. Le montant représente 95,76 % des 12 486 milliards FCFA collectés sur toute l’année 2025.
La performance est également significative au regard des ambitions fixées pour l’exercice en cours. Avec 11 958 milliards FCFA déjà mobilisés, le NRS a réalisé 66,57 % de son objectif annuel de 17 958 milliards FCFA pour 2026. À cinq mois de la fin de l’exercice, les autorités nigérianes disposent ainsi d’une marge importante pour atteindre leur cible annuelle.
Le NRS attribue cette progression à plusieurs facteurs, notamment la numérisation de l’administration fiscale, la mise en œuvre de quatre lois de réforme fiscale adoptées en 2025, les changements opérés au sein du service des recettes et un décret exécutif destiné à réduire les failles du système fiscal.
Ces réformes ont renforcé le cadre juridique permettant à l’administration d’utiliser davantage la technologie pour l’évaluation des contribuables, la collecte des impôts et l’accès aux informations nécessaires au contrôle fiscal.
L’objectif est notamment de mieux identifier les activités économiques qui échappent encore au système fiscal et d’améliorer la conformité des entreprises et des contribuables.
La stratégie nigériane repose également sur une utilisation accrue des plateformes numériques. Parmi les principaux outils figure TaxPro Max, qui permet aux contribuables de réaliser en ligne plusieurs démarches auparavant effectuées de manière plus traditionnelle.
La plateforme permet notamment de s’enregistrer auprès de l’administration fiscale, de déposer des déclarations, d’effectuer des paiements et de télécharger des certificats de régularité fiscale.
Cette digitalisation vise à réduire les coûts administratifs, accélérer le traitement des opérations et améliorer la traçabilité des transactions fiscales.
Les entreprises progressivement intégrées au système numérique
Le Nigeria pousse également les entreprises à connecter leurs systèmes de facturation à l’infrastructure numérique du NRS.
Depuis août 2025, les entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 2,21 milliards FCFA sont tenues de connecter leurs systèmes de facturation à la plateforme du NRS afin de permettre la validation et la transmission des informations en temps réel.
Le dispositif est progressivement étendu aux autres catégories d’entreprises. Les entreprises de taille moyenne ont commencé leur intégration obligatoire en juillet 2026, tandis que les entreprises émergentes doivent être intégrées au dispositif à partir de 2027.
La TVA poursuit également sa progression
La dynamique est aussi visible sur les recettes issues de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon le Bureau national des statistiques du Nigeria, les recettes de TVA ont progressé de 9,98 % au premier trimestre 2026, pour atteindre 1 068 milliards FCFA.
Cette évolution marque l’élargissement progressif de l’assiette fiscale dans la première économie d’Afrique. Elle confirme également le rôle croissant de la digitalisation dans la stratégie du Nigeria visant à améliorer la collecte des recettes publiques.
Par Drissa Ouattara
Conversion retenue pour l’article : 1 dollar = 600 FCFA.


