Nigeria : S&P confirme la note B- et maintient une perspective positive

L’agence de notation S&P Global Ratings a réaffirmé la note souveraine du Nigeria à B-, tout en maintenant une perspective positive. Cette décision traduit un optimisme mesuré quant à la trajectoire économique du pays, dans un contexte marqué par la poursuite des réformes fiscales et une volonté affichée de stabiliser les grands équilibres macroéconomiques.

Dans son analyse, S&P souligne une amélioration progressive de la capacité du Nigeria à faire face à ses contraintes économiques, malgré un environnement encore fragile. L’agence estime que les autorités posent progressivement les bases d’une croissance plus durable et d’une solvabilité renforcée, même si des défis structurels importants subsistent.

L’évaluation de la solvabilité du pays repose sur plusieurs indicateurs clés. Les performances économiques et budgétaires ressortent relativement mieux notées, traduisant une certaine résilience de l’activité et des efforts de discipline budgétaire. En revanche, les capacités institutionnelles et la gestion de la dette continuent de peser sur le profil de crédit, signalant la nécessité de poursuivre et d’approfondir les réformes engagées.

Selon S&P, la perspective positive reflète avant tout l’amélioration des résultats externes, fiscaux, monétaires et économiques. Malgré un PIB par habitant toujours faible et une base de recettes publiques limitée, l’agence reconnaît les initiatives du gouvernement visant à diversifier les sources de revenus et à stabiliser l’environnement macroéconomique. Si ces tendances favorables se confirment, une amélioration de la notation pourrait intervenir au cours des douze prochains mois, à condition que la croissance dépasse les prévisions actuelles et que les gains fiscaux et externes deviennent plus durables.

À l’inverse, S&P avertit que la perspective pourrait redevenir stable si des risques apparaissent dans la mise en œuvre du programme de réformes ou si la capacité du pays à honorer ses engagements financiers se fragilise. Un creusement du déficit budgétaire, une pression accrue sur la gestion de la dette ou une incapacité des marchés financiers locaux à absorber de nouveaux volumes de dette en monnaie nationale pourraient constituer des signaux négatifs. Des sorties de capitaux sensibles à la confiance des investisseurs figurent également parmi les principaux risques identifiés.

L’agence attribue l’amélioration récente du profil du Nigeria à plusieurs facteurs, notamment des soldes extérieurs plus favorables soutenus par la hausse des revenus pétroliers, un cadre de politique monétaire plus robuste pour contenir l’inflation et une discipline budgétaire accrue qui a permis de réduire les déficits ces derniers trimestres.

Cette réaffirmation s’inscrit dans la continuité de la décision prise en novembre 2025, lorsque S&P avait relevé la perspective du pays de stable à positive, tout en maintenant les notations B- en devises étrangères et locales. À l’époque, ce signal était perçu comme un soutien à l’agenda de réformes des autorités nigérianes, malgré un contexte économique mondial incertain.

Sur le plan des perspectives macroéconomiques, S&P anticipe une croissance de 3,76 % en 2026, avant un léger ralentissement à 3,57 % en 2027 et 2028. Un renforcement de la gouvernance fiscale et une plus grande transparence dans la publication des données économiques pourraient, selon l’agence, renforcer la confiance des investisseurs et accroître l’attractivité du Nigeria pour les capitaux étrangers. Une éventuelle amélioration de la note souveraine se traduirait alors par une baisse des coûts d’emprunt et un regain d’intérêt des investisseurs, avec des effets positifs sur la croissance à long terme.

Malgré cette dynamique encourageante, S&P reste prudente. Des retards dans les réformes clés, une dérive des déficits publics ou une augmentation excessive du fardeau de la dette pourraient rapidement éroder les progrès réalisés. Les limites structurelles, notamment en matière de collecte de données statistiques et de gestion des finances publiques, demeurent des obstacles majeurs à une amélioration plus rapide de la notation souveraine.

Par Drissa Ouattara

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