Nigeria : un excédent commercial de 1913 milliards FCFA au premier trimestre 2025, un record qui ravive les espoirs de diversification économique

L’économie nigériane démarre l’année 2025 sous de bons auspices sur le front du commerce extérieur. Selon les données publiées le mardi 10 juin 2025 par le Bureau national des statistiques (NBS), le pays a enregistré au premier trimestre un excédent commercial de 1 913 milliards de FCFA, son plus élevé depuis près de deux ans. Cette performance s’explique par un net recul des importations et une montée en puissance des exportations non pétrolières, qui confirment une timide, mais réelle diversification des recettes extérieures.

Au total, le commerce extérieur du Nigeria a atteint 13 327 milliards FCFA sur la période, en hausse de 6,2 % par rapport à la même période de 2024, mais en légère baisse par rapport au trimestre précédent. Les exportations se sont établies à 7 622 milliards FCFA, tandis que les importations ont reculé à 5 698 milliards FCFA), soit une baisse de 7 %.

Comme toujours, le pétrole brut reste la première source de revenus à l’export, représentant plus de 62 % du total avec 4 795 milliards FCFA. Mais ce chiffre est en baisse de plus de 296 milliards FCFA par rapport au dernier trimestre de 2024, traduisant un essoufflement partiel de cette rente historique.

L’agriculture et les exportations non pétrolières en plein essor

Ce recul du pétrole a toutefois été contrebalancé par la bonne tenue des exportations non pétrolières, qui ont atteint 1 173 milliards FCFA, soit plus de 15 % du total, un sommet inégalé depuis plus d’un an. Les produits agricoles, en particulier, tirent leur épingle du jeu avec une croissance annuelle de près de 65 %, pour un total de 629 milliards FCFA. Le cacao sous toutes ses formes, les noix de cajou et les graines de sésame dominent cette dynamique.

À côté de cela, l’urée, le gaz naturel liquéfié et les dérivés du cacao figurent parmi les produits qui ont enregistré une hausse de leur valeur à l’exportation, en ligne avec les efforts du gouvernement pour élargir la base d’exportation hors pétrole.

L’Europe et l’Asie, principaux débouchés

Les principaux acheteurs des produits nigérians restent l’Inde, les Pays-Bas, les États-Unis, la France et l’Espagne. L’Inde seule a importé pour 1 051 milliards FCFA de marchandises au cours du trimestre. Les marchés européens et asiatiques absorbent la majorité des exportations agricoles et industrielles.

Lire aussi : Commerce extérieur : les exportations de biens du Nigeria atteignent 47 830 milliards de FCFA en 2024. – Horonya finance

La Chine reste, de son côté, le principal fournisseur du Nigeria, avec des importations évaluées à 1 724 milliards FCFA, soit près d’un tiers des importations totales du pays. Viennent ensuite l’Inde, les États-Unis, la Belgique et l’Arabie saoudite.

Des performances contrastées dans l’industrie manufacturière

Les exportations de produits manufacturés ont légèrement progressé d’une année sur l’autre pour atteindre 109 milliards FCFA, mais restent en net repli par rapport au trimestre précédent. Il s’agit principalement d’alliages d’aluminium, de dragues et de cathodes destinés à l’Asie et à l’Europe.

En revanche, les importations manufacturières ont chuté de 11 %, à 775 milliards FCFA, reflétant une demande intérieure plus modérée ou des tensions sur le pouvoir d’achat. Les articles concernés vont des motos indiennes aux équipements électroniques chinois, en passant par des produits chimiques américains et saoudiens.

Le commerce avec l’Afrique reste marginal mais stratégique

Le commerce intra-africain représente une part encore modeste, mais en progression. Les exportations vers le continent s’élèvent à 685 milliards FCFA, contre 284 milliards FCFA d’importations. L’Afrique de l’Ouest, avec 407 milliards FCFA à elle seule, reste la première destination, notamment pour les produits pétroliers et les engrais.

L’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Sénégal comptent parmi les principaux clients africains, tandis que l’Angola, le Togo et l’Égypte fournissent au Nigeria du pétrole, du carburant raffiné et des peaux animales.

Le transport maritime, pilier de la logistique

Enfin, la quasi-totalité des échanges se fait encore par voie maritime : 99 % des exportations et plus de 94 % des importations transitent par les ports du pays, soulignant l’importance stratégique des infrastructures portuaires dans la chaîne commerciale nigériane.

Par Drissa Ouattara

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet