Le Nigeria accélère sa stratégie de transformation locale de ses ressources minières. Le gouvernement fédéral affirme avoir lancé ses opérations dans une usine de raffinage d’or de haute pureté à Lagos, une première étape que les autorités présentent comme un tournant dans la politique nationale de “valeur ajoutée” appliquée au secteur des minéraux solides.
Au-delà de cette infrastructure déjà en activité, Abuja annonce des avancées sur trois nouvelles raffineries d’or, chacune à un stade différent de développement, ainsi qu’une usine de traitement du lithium estimée à 600 millions de dollars, achevée dans l’État de Nasarawa et désormais prête pour sa mise en service officielle.
Pour le ministre nigérian en charge du secteur, Dele Alake, ces projets illustrent une volonté de repositionner le Nigeria comme hub africain de traitement des minerais, en rompant progressivement avec le modèle d’exportation de matières premières brutes. « Ces projets soulignent le succès de la politique de valeur ajoutée du gouvernement fédéral, qui vise à augmenter les recettes, créer des emplois et renforcer la compétitivité du Nigeria dans l’industrie minière mondiale », a-t-il déclaré.
Le ministre s’exprimait lors d’une réunion bilatérale avec son homologue saoudien, Ibrahim Al-Khorayef, en amont du Forum des Minéraux du Futur (FMF) qui a eu lieu à Riyad du 13 au 15 janvier, rencontre axée sur le renforcement de la coopération entre les deux pays en matière de développement minéral et d’industrialisation.
Dans le détail, Alake assure que l’extension des capacités de raffinage de l’or devrait permettre de réduire significativement les exportations illégales, tout en améliorant la traçabilité des minerais tout au long de la chaîne de valeur. Une montée en puissance jugée cruciale pour instaurer davantage de transparence et renforcer la confiance des investisseurs dans le secteur nigérian des minéraux solides.
Autre dossier phare : le lithium. Le ministre annonce qu’une usine de traitement de lithium de 600 millions de dollars, implantée dans l’État de Nasarawa, est achevée et « prête pour une inauguration officielle ». L’installation est présentée comme un levier pour développer des chaînes de valeur liées à la production de batteries, notamment pour les véhicules électriques et le stockage d’énergie renouvelable, tout en attirant davantage de capitaux étrangers et locaux.
Pour Abuja, ces projets arrivent à un moment stratégique où les minerais critiques deviennent un enjeu géopolitique et industriel majeur. Alake estime que les nouvelles unités de traitement d’or et de lithium positionnent désormais le Nigeria comme un partenaire mondial utile dans les ressources indispensables à la transition énergétique. Il rappelle d’ailleurs que ces minerais occupent une place centrale dans les véhicules électriques, les systèmes de stockage d’énergie renouvelable et certaines applications industrielles avancées.
Par Amhed Coulibaly


