PND 2026-2030 : Le Burkina veut mobiliser plus de 36 000 milliards de FCFA pour booster son développement économique.

Le Burkina Faso a défini le cadre de financement de son Plan national de développement 2026-2030, un programme ambitieux visant à accélérer la croissance économique à travers l’industrialisation et des investissements structurants alignés sur les priorités nationales.

Le coût global de mise en œuvre du plan est estimé à 36 190,7 milliards de FCFA, soit un coût moyen annuel d’environ 7 238,1 milliards de FCFA. Les dépenses d’investissement, dont les transferts en capital, représentent 34,5 % de ce montant, soit 12 494,9 milliards de FCFA sur la période, avec une moyenne annuelle de 2 499,0 milliards de FCFA.

Deux grandes sources de financement sont prévues, à savoir les ressources internes et les ressources externes. Les ressources propres couvriront environ 63,9 % du coût total, soit 23 135,7 milliards de FCFA, tandis que les ressources extérieures déjà engagées représentent 2 099,78 milliards de FCFA, soit 5,8 %. Le besoin de financement additionnel est estimé à 10 955,3 milliards de FCFA (30,3 % du coût total) et devra être couvert par une stratégie combinant l’optimisation des ressources, le recours au marché financier régional et des emprunts extérieurs non concessionnels. Une partie du financement intérieur, soit 5 % du besoin de financement (547,81 milliards de FCFA), sera mobilisée par l’actionnariat populaire.

Les ressources fiscales resteront le principal levier de financement. La stratégie prévoit l’élargissement de l’assiette fiscale, la formalisation progressive du secteur informel, le renforcement de la fiscalité foncière, la digitalisation des régies financières, la rationalisation des exonérations et la lutte contre la fraude, ainsi que la mobilisation accrue des ressources issues des activités extractives et de la fiscalité locale.

La contribution des entreprises majoritairement à capitaux publics sera également valorisée pour renforcer la souveraineté financière. Cela passera par l’assainissement et la restructuration du portefeuille public, l’amélioration de la gouvernance, l’optimisation des dividendes et des recettes non fiscales, la prise de participation dans de nouvelles entreprises stratégiques et le renforcement du suivi-évaluation et de la redevabilité.

En matière de financement extérieur, la stratégie vise à aligner les interventions des partenaires sur les priorités nationales, à privilégier les appuis budgétaires programmatiques, à diversifier les sources et à renforcer la coordination, la transparence et la redevabilité. La coopération Sud-Sud et triangulaire sera dynamisée pour mobiliser des ressources, transférer des technologies et partager des expertises adaptées aux réalités nationales.

Le plan prévoit également le recours à des instruments innovants afin de mobiliser des ressources complémentaires. Ainsi, le financement participatif permettra de lever des fonds auprès des citoyens et des communautés pour certains projets spécifiques. Les partenariats public-privé (PPP) seront utilisés pour renforcer à la fois l’efficacité et l’innovation, tout en assainissant le portefeuille de projets et en consolidant les capacités de suivi.

En outre, l’épargne de la diaspora sera valorisée via des « diaspora bonds » et un fonds d’investissement dédié. Le programme mise aussi sur la finance verte à travers l’élaboration d’une taxonomie nationale verte, le développement d’instruments tels que les obligations vertes et les fonds climat, ainsi que la promotion de PPP verts et d’investissements privés durables. Enfin, les financements islamiques, fondés sur l’équité et le partage des risques, seront exploités via des sukuk souverains et thématiques, ce qui permettra à la fois de diversifier les sources et de réduire la dépendance aux financements conventionnels.

L’ensemble de ces mécanismes vise à consolider la souveraineté financière du Burkina Faso, à optimiser la couverture des besoins du PND 2026-2030 et à garantir un financement durable et résilient, capable de soutenir une croissance économique accélérée et structurante.

Par Bernadette W. Gansonré

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