RDC : la Banque centrale abaisse son taux directeur à 12,5 %, poursuivant l’assouplissement monétaire amorcé en avril

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC), réuni en session ordinaire le 17 juillet 2026, a décidé d’abaisser le taux directeur de 100 points de base, le ramenant de 13,5 % à 12,5 %.

Le taux applicable à la facilité de prêt marginal recule dans les mêmes proportions, passant de 17,5 % à 16,5 %. Le Comité a par ailleurs introduit une nouvelle maturité de 252 jours pour les Bons BCC et maintenu inchangés les coefficients de réserve obligatoire, soit 10,5 % et 0,0 % pour les dépôts à vue et à terme en monnaie nationale, ainsi que 11,5 % et 10,5 % pour les dépôts à vue et à terme en devises.

Cette décision confirme la trajectoire d’assouplissement engagée par la Banque centrale depuis le début de l’année. Le taux directeur avait déjà été ramené de 15 % à 13,5 % lors de la réunion du CPM du 9 avril 2026, après une réduction plus marquée de 250 points de base décidée en janvier 2026, qui avait porté le taux de 17,5 % à 15 %.

Une conjoncture jugée globalement favorable

Le comité situe cette nouvelle baisse dans un contexte international marqué par une croissance économique mondiale attendue à 3 % en 2026, contre 3,5 % l’année précédente, et une inflation mondiale prévue à 4,7 %, en très léger repli par rapport à 2025.

Au niveau national, les perspectives de croissance restent robustes, à 5,7 % attendus en 2026, un niveau identique à celui de 2025 et nettement supérieur à la moyenne projetée pour l’Afrique subsaharienne, estimée à 4,3 %.

Sur le front des prix, l’inflation en glissement annuel s’est établie à 2,9 % au deuxième trimestre 2026, contre 2,2 % au trimestre précédent. En cumul depuis le début de l’année, elle atteint 4,8 % à fin juin, contre 2,3 % à fin mars.

Selon la Banque centrale, cette accélération est liée à la hausse des prix du carburant à la pompe, à l’augmentation des coûts logistiques des produits importés et aux anticipations des opérateurs économiques.

Un taux de change stable, des réserves en hausse

Le franc congolais est resté globalement stable au cours du trimestre. À fin juin 2026, le taux de change s’établissait à 2 244 francs congolais (CDF) pour un dollar américain sur le marché interbancaire et à 2 328,62 CDF sur le marché parallèle.

Par rapport à fin mars, la monnaie nationale s’est appréciée de 1,95 % sur le marché interbancaire, tandis qu’elle s’est légèrement dépréciée, de 0,83 %, sur le marché parallèle.

Cette stabilité s’appuie sur une accumulation trimestrielle de réserves internationales de 477,30 millions de dollars, portant le volume total à 8 184,61 millions de dollars à fin juin 2026, soit l’équivalent de 3,12 mois de couverture des importations de biens et services. Le CPM anticipe une stabilisation du taux de change autour d’une moyenne de 2 250 CDF pour un dollar sur les prochains mois.

Des risques identifiés, liés notamment au conflit dans l’Est

La Banque centrale justifie la baisse du taux directeur par la volonté de préserver un taux d’intérêt réel suffisamment positif par rapport à l’inflation projetée, tandis que l’introduction de la maturité de 252 jours pour le Bon BCC vise à renforcer la gestion de la liquidité bancaire et à stériliser durablement les excédents de liquidité.

Le Comité identifie néanmoins plusieurs facteurs de risque susceptibles de peser sur ces perspectives. Il s’agit, en premier, de l’expansion de la liquidité bancaire liée à la hausse des dépenses publiques dans le contexte du conflit qui se poursuit dans la partie orientale du pays. Ensuite, l’augmentation saisonnière des dépenses des ménages liée à la rentrée scolaire. Enfin, la hausse potentielle des coûts des produits importés en cas de nouvelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Par David Yaméogo

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