République démocratique du Congo : La Banque centrale abaisse son taux directeur à 17,5 %.

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale de la République démocratique du Congo a décidé d’assouplir sa politique monétaire lors de sa réunion ordinaire du 07 octobre 2025. Cette décision s’appuie sur une amélioration notable des fondamentaux économiques nationaux et un contexte international relativement apaisé sur le plan inflationniste.

Le taux directeur de la banque centrale du Congo passe de 25 % à 17,5 %, soit une baisse de 750 points de base.  Cette mesure vise à stimuler le crédit et soutenir l’activité économique. Le taux des facilités de prêt marginal a également été abaissé de 30 % à 21,5 %. Toutefois, les coefficients de la réserve obligatoire demeurent inchangés, fixés à 12 % pour les dépôts à vue et 0 % pour les dépôts à terme en monnaie nationale, ainsi qu’à 13 % et 12 % respectivement pour les dépôts à vue et à terme en devises.

Cette orientation plus souple intervient dans un contexte de nette amélioration des équilibres intérieurs. Au troisième trimestre 2025, la République démocratique du Congo a enregistré une stabilité macroéconomique soutenue par la baisse de l’inflation et l’appréciation du franc congolais. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est établi à 7,8 % fin septembre, contre 15,1 % un an plus tôt. Sur la même période, la monnaie nationale s’est renforcée de 11,6 % sur le marché officiel et de 7,8 % sur le marché parallèle, atteignant respectivement 2 548,80 et 2 659,28 francs congolais pour un dollar américain.

Ces résultats traduisent l’efficacité des mesures monétaires déjà engagées. La Banque centrale a notamment procédé à une intervention directe sur le marché des changes pour un montant de 50 millions de dollars ainsi qu’à une réévaluation du taux de change appliqué aux réserves obligatoires et à une meilleure organisation du marché des devises. Ces actions ont contribué à réduire les tensions sur la liquidité bancaire et à renforcer la confiance dans la monnaie nationale.

Sur le plan international, le contexte reste caractérisé par un ralentissement de la croissance et une détente progressive des pressions inflationnistes. Les prévisions de croissance mondiale font état d’un recul à 3,2 % en 2025 et 2,9 % en 2026, après 3,3 % en 2024. L’inflation mondiale devrait poursuivre sa décrue, soutenue par la baisse des prix de l’énergie et l’amélioration des chaînes d’approvisionnement, créant un environnement plus favorable aux économies émergentes.

Fort de cette dynamique, le Comité de politique monétaire anticipe la poursuite de la décélération de l’inflation au cours des 12 prochains mois, autour de 6,8 %, un niveau conforme à son objectif de moyen terme de 7 %. Il prévoit également une stabilisation du taux de change et une croissance économique soutenue en 2026.

Dans la continuité de cet assouplissement, la Banque centrale mettra en œuvre, à partir du 15 octobre, une nouvelle actualisation du taux de change appliqué aux réserves obligatoires. Cette mesure vise à absorber la liquidité excédentaire afin de préserver la stabilité des prix et d’ancrer les anticipations d’inflation. L’institution a réaffirmé sa vigilance face à tout changement conjoncturel et son engagement à maintenir un cadre monétaire propice à une croissance durable.

Par Leila Toé

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