La septième édition du Salon des Activités Minières de l’Afrique de l’Ouest (SAMAO) s’est ouverte ce jeudi 25 septembre à Ouagadougou, sous le haut patronage du Premier ministre, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo. Responsables politiques, industriels, chercheurs et experts du secteur extractif se sont réunis pour réfléchir aux solutions concrètes à mettre en œuvre après la réhabilitation ou la fermeture des mines. Ce rendez-vous de référence résulte d’une synergie d’actions entre l’administration publique et le cabinet SEMICA.
La SAMAO 2025 se tient autour du thème : « Les défis de la réhabilitation et de la fermeture des mines en Afrique : quelle nouvelle vie pour les communautés locales ? ». Ce choix thématique reflète la volonté des autorités de promouvoir une approche plus responsable et inclusive de la gestion post-exploitation minière. Environ 2 000 participants prennent part à l’événement, parmi lesquels des experts nationaux et internationaux, des investisseurs, des chercheurs, des représentants d’administrations minières, ainsi que des visiteurs venus de divers pays, notamment le Niger, le Mali, la Russie, la Mauritanie, le Sénégal, la RDC, le Cameroun, l’Égypte, le Panama, etc.
Le président du comité d’organisation, Doulaye Sanou, a souligné que ce thème traduit la volonté du gouvernement de trouver des solutions durables aux défis liés à la réhabilitation des sites miniers, tout en assurant une transition sociale et économique harmonieuse pour les communautés riveraines. Il a précisé que les travaux de cette édition permettront d’aborder la question dans toute sa complexité, de la restauration de l’environnement au démantèlement des infrastructures, sans oublier le devenir des populations locales une fois les activités minières arrêtées.

Deux jours durant, les participants auront l’occasion de prendre part à divers panels de haut niveau, à des sessions techniques et à des excursions sur des sites miniers et touristiques. Des thématiques transversales telles que la recherche scientifique appliquée à la réhabilitation, l’impact du changement climatique sur la durabilité des ouvrages de rétention ou encore la gestion des fosses à ciel ouvert seront également abordées. Un accent particulier est mis sur le partage d’expériences concrètes en matière de réussite de l’après-mine. Des rencontres B2B ainsi qu’une exposition sont organisées en parallèle pour favoriser la création de partenariats stratégiques et d’opportunités d’affaires.
S’exprimant au nom du Premier ministre, le Général de brigade Célestin Simporé a rappelé les progrès réalisés par le Burkina Faso dans le secteur minier au cours des dernières années. Il a indiqué que le pays est passé d’une seule mine industrielle en 2007 à 13 en 2024, auxquelles s’ajoutent 10 mines semi-mécanisées et plus de 800 sites d’exploitation artisanale. La production d’or est passée de 5,6 tonnes en 2008 à 60,646 tonnes en 2024, réparties entre 53,376 tonnes issues de la production industrielle et 7,270 tonnes provenant des exploitations artisanales et semi-mécanisées. Concernant les carrières, 35 sociétés étaient en activité en 2024, avec un volume déclaré de plus d’un million de mètres cubes de substances extraites.

Les recettes budgétaires issues du secteur minier ont connu une croissance continue, atteignant 548,221 milliards de FCFA en 2024. Au-delà de cette contribution directe au budget de l’État, le secteur minier a aussi soutenu le développement des collectivités territoriales grâce à la mise en place du Fonds Minier de Développement Local en 2015. Ce fonds a permis de mobiliser plus de 200 milliards de FCFA au profit des communes et régions entre 2019 et 2024.
Cependant, le Général Simporé a tenu à rappeler que l’exploitation minière, malgré son apport indéniable au développement économique, reste source d’impacts négatifs si des mesures de prévention ne sont pas prises dès la fermeture des sites. Il a souligné que cette dernière phase du cycle de vie d’un site minier entraîne souvent des conséquences lourdes pour les communautés, les collectivités locales et les anciens employés.

Même si certains pays africains ont instauré des Fonds de Réhabilitation et de Fermeture des Mines pour prendre en charge les sites en fin d’exploitation, de nombreux défis persistent pour garantir une véritable réussite de l’après-mine. D’où toute la pertinence du thème retenu cette année par la SAMAO, qui entend proposer des pistes concrètes de réflexion pour répondre à cette problématique complexe, a-t-il affirmé.
Pour sa part, le ministre des Mines et des Carrières, Yacouba Zagré, a affirmé que l’exploitation des ressources minières, malgré les risques économiques et les impacts environnementaux, constitue aujourd’hui un levier essentiel du développement socio-économique du Burkina Faso. Il a néanmoins souligné l’urgence de réfléchir collectivement aux mécanismes d’accompagnement des populations affectées, estimant que la SAMAO représente justement un cadre propice à ce dialogue stratégique.

Créée en 2016, la SAMAO est devenue un espace de réflexion, de réseautage et de promotion du secteur minier. Elle rassemble à chaque édition des représentants d’administrations publiques, d’organisations internationales et interafricaines, de sociétés minières et de carrières, de sous-traitants, d’organisations professionnelles, d’ONG, ainsi que de nombreux experts. L’événement s’est progressivement imposé comme une vitrine internationale du potentiel minier ouest-africain et suscite un engouement croissant chez les acteurs du secteur à chaque nouvelle édition.
Par Bernadette W.Gansonré




