lundi 15 décembre 2025

Selon Afreximbank, le marché du riz en Afrique atteindra 29,2 milliards de dollars d’ici 2030

Le marché africain du riz continue sa progression, mais la dépendance du continent vis-à-vis des importations demeure forte. Selon le premier Bulletin des matières premières 2025, publié par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), la valeur du marché passera d’environ 24 milliards de dollars en 2024 à 29,2 milliards de dollars d’ici 2030, affichant un taux de croissance annuel composé de 4 %.

Malgré des progrès constants dans la production locale, l’Afrique ne parvient pas encore à répondre à la demande croissante tirée par la démographie et l’urbanisation. La production de riz du continent est passée de 36,9 millions de tonnes en 2018 à 39,8 millions en 2022, une hausse jugée encourageante, mais insuffisante. Afreximbank souligne que cette dépendance aux importations rend l’Afrique vulnérable aux chocs extérieurs, notamment aux fluctuations de prix et aux perturbations de la chaîne mondiale d’approvisionnement.

Le rapport pointe plusieurs obstacles persistants à l’autosuffisance rizicole : des infrastructures rurales déficientes, un accès limité aux semences de qualité et à la mécanisation, ainsi que les effets du changement climatique comme les sécheresses et inondations qui freinent la productivité et réduisent la compétitivité des producteurs locaux.

Quelques pays montrent toutefois la voie. Le Nigeria, le Mali et la Guinée figurent parmi ceux qui déploient les efforts les plus soutenus pour réduire leurs importations. Au Nigeria, par exemple, le Programme des emprunteurs d’ancrage et les investissements du secteur privé dans les rizeries intégrées ont permis d’accroître la production nationale. Mais ces avancées restent encore loin de combler le déficit.

Aujourd’hui, environ 40 % du riz consommé en Afrique est importé, principalement d’Inde, de Thaïlande et du Vietnam. Cette dépendance expose le continent aux variations du marché mondial et accentue les risques liés à la sécurité alimentaire.

Afreximbank note que la demande africaine de riz continuera d’augmenter, portée par la croissance rapide des populations urbaines et par l’évolution des habitudes alimentaires en faveur de produits pratiques et faciles à préparer. Toutefois, la banque entrevoit une marge de manœuvre grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont la mise en œuvre pourrait stimuler le commerce intra-africain du riz paddy et des produits transformés, en réduisant les coûts logistiques et en favorisant la coopération agricole régionale.

Les projections d’Afreximbank un marché rizicole à près de 30 milliards de dollars d’ici 2030 traduisent une double réalité : d’un côté, une dépendance structurelle persistante, et de l’autre, une opportunité stratégique pour les investisseurs privés, les entreprises agritechnologiques et les institutions de financement du développement d’investir dans la filière.

Par Drissa Ouattara

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