La troisième édition de la Semaine de l’épargne et de l’investissement (SEI) a officiellement ouvert ses portes ce vendredi 6 février 2026 à Ouagadougou. Durant 48 heures, experts, institutions financières, citoyens et étudiants échangeront autour de moyens concrets pour bâtir la prospérité aujourd’hui et la transmettre durablement aux générations futures.
Placée sous le thème « De l’épargne à la prospérité, bâtir aujourd’hui et transmettre demain », cette énième édition entend rappeler que la richesse ne relève ni du hasard ni d’un privilège réservé à une élite. Pour Christophe Yaméogo, coordonnateur général de la Semaine de l’épargne et de l’investissement (SEI), la prospérité est avant tout une construction. Elle naît de décisions conscientes, de comportements disciplinés et surtout de l’accès aux bonnes connaissances financières.
Dans son intervention d’ouverture, il a souligné que, même si nos sociétés apprennent très tôt à chercher un emploi et à gagner de l’argent, elles négligent souvent l’essentiel, qui est de savoir gérer ses revenus, épargner intelligemment et investir avec méthode et vision. Selon lui, tout le monde peut améliorer sa situation financière à condition d’être formé et informé. La richesse n’est pas une fatalité sociale, la prospérité est une compétence qui s’apprend.

Christophe Yaméogo a insisté sur la notion de transmission. Une transmission qui ne se limite pas aux biens matériels, mais qui englobe surtout les savoirs, les valeurs et les comportements face à l’argent. Durant 48 heures, des panels pratiques et des stands de partenaires sont proposés au public, avec pour but d’offrir des solutions immédiatement applicables pour permettre aux participants de reprendre le contrôle de leurs finances et d’éviter les pièges des investissements frauduleux.
Le directeur général de Coris Bourse, Fancho Hermann Traoré, a, pour sa part, rappelé que l’épargne est à la fois un outil de prévoyance individuelle et un instrument stratégique pour le financement de l’économie nationale. Chaque franc CFA mobilisé localement contribue à la croissance, à la création d’emplois et au renforcement de la souveraineté économique du Burkina Faso.

Cependant, a-t-il précisé, épargner ne suffit pas. Pour devenir un véritable moteur de prospérité, l’épargne doit être structurée et orientée vers des investissements porteurs. C’est tout l’enjeu de la planification financière, qui permet de définir des objectifs clairs, d’anticiper les besoins futurs et de choisir des placements adaptés. Dans ce processus, les sociétés de gestion et d’intermédiation jouent un rôle central en accompagnant les épargnants et en démocratisant l’accès aux marchés financiers régionaux.

La dimension institutionnelle et sociale de cette rencontre a été renforcée par l’intervention du ministre de la Construction de la patrie, Mikailou Sidibé. Pour lui, cette semaine va bien au-delà d’un simple rendez-vous économique. Elle constitue un espace de réflexion collective sur les fondations de la prospérité nationale. Il a mis en lumière le lien étroit entre épargne, investissement et accès au logement, considéré comme un pilier de la stabilité sociale et de la cohésion nationale.

Face à une urbanisation rapide et à la pression foncière, le gouvernement, a-t-il rappelé, a engagé des réformes autour de trois axes majeurs, à savoir l’assainissement du foncier, la promotion du logement social et la sensibilisation à une urbanisation maîtrisée. Construire durablement, a-t-il insisté, c’est penser la ville dans son ensemble et préparer un cadre de vie digne pour les générations futures.
Par Bernadette W. Gansonré


