Le champ pétrolier et gazier Sangomar, situé au large du Sénégal à environ 100 km au sud de Dakar, a achevé sa première année complète de production en 2025 avec des performances remarquables. Ce projet en eaux profondes comprend une unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO) autonome d’une capacité nominale de 100 000 barils par jour, ainsi qu’une infrastructure sous-marine conçue pour soutenir de futures phases de développement.
Opéré par la compagnie australienne Woodside Energy, qui détient 82 % des parts, le projet a démarré en juin 2024. Durant l’année 2025, il a maintenu une production d’environ 100 000 barils par jour jusqu’à fin octobre, avec un taux de fiabilité de 98,7 %. La part de production revenant à Woodside s’est élevée à 29,7 millions de barils équivalent pétrole (MMboe), contre 13,3 MMboe en 2024. Cette première année complète de production et de commercialisation de Sangomar a généré 1 140 milliards de FCFA, soit 1,9 milliard de dollars de chiffre d’affaires pour Woodside. L’EBITDA s’est élevé à 1 560 milliards de FCFA, équivalant à 2,6 milliards de dollars pour l’opérateur.
Les performances des réservoirs S400 et S500 ont dépassé les prévisions, confirmant une qualité et une connectivité supérieures aux attentes. L’injection d’eau dans les réservoirs S400 a permis d’ajouter 27,9 MMboe aux réserves prouvées (1P) et a renforcé les perspectives de réserves prouvées plus probables (2P).
Woodside étudie déjà une éventuelle phase 2, qui s’appuierait sur le FPSO et l’infrastructure sous-marine existante pour prolonger la dynamique de production et créer davantage de valeur. Tout développement futur sera soumis à l’approbation du consortium ainsi qu’aux autorisations gouvernementales et réglementaires.
Malgré les performances exceptionnelles, les retombées financières pour l’État restent modestes. Le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé sa déception quant aux prévisions budgétaires liées aux hydrocarbures pour 2026 et 2027. Pour 2026, les recettes pétrolières sont estimées à seulement 76 milliards de FCFA sur un budget global de 6 000 milliards, et à 128,6 milliards pour 2027. Ces montants relancent le débat sur la structuration des contrats et la captation de la rente par l’État.
Par Bernadette W. Gansonré


