La filière arachide du Sénégal connaît un tournant décisif. À l’issue de la campagne de commercialisation 2024-2025, l’État a mobilisé plus de 52 milliards FCFA pour l’acquisition de plus de 150 000 tonnes d’arachides en coques, intégralement payées aux producteurs. Un signal fort en faveur d’un secteur vital pour l’économie agricole du pays. Cette annonce a été faite par le directeur de cabinet du secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Djibril Diop, lors de la clôture de l’Assemblée générale extraordinaire du Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA). L’événement a permis de faire le point sur la dernière campagne et de poser les bases d’une refondation institutionnelle de la filière.
La principale résolution de cette assemblée est la mise en place d’un Comité de normalisation, chargé de restructurer le CNIA sur une période d’un an, de juin 2025 à juin 2026. Cet organe provisoire aura pour mission de gérer l’interprofession conformément à la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale et aux textes révisés validés par l’ensemble des parties prenantes. Une réforme stratégique visant à renforcer la transparence dans la gestion des points de collecte, à améliorer la coordination entre les acteurs et à garantir une meilleure redistribution de la valeur ajoutée au sein de la chaîne.
Malgré les avancées notables, la filière reste confrontée à plusieurs défis : insuffisances logistiques, pressions sur les prix et disparités dans l’accès au marché. Le gouvernement affiche néanmoins sa volonté de soutenir la transformation structurelle de l’agriculture, avec l’arachide comme fer de lance. La mobilisation de ressources publiques pour payer les producteurs en temps voulu constitue un levier de confiance, alors que les huiliers nationaux, partenaires essentiels de cette dynamique, confirment leur engagement à travers leur participation active à la gouvernance sectorielle. La décision de l’État sénégalais d’injecter des ressources massives dans la filière arachidière témoigne d’une volonté politique claire de faire de l’agriculture une véritable industrie nationale.
Par Léon Yougbaré


