Sénégal : La Senelec fait face à 48,5 milliards de francs CFA de créances impayées

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a affiché des performances globalement positives sur la période 2021-2024, mais son développement reste freiné par un manque à gagner conséquent, lié aux créances impayées par certaines institutions publiques. C’est ce qu’a révélé le ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, lors de l’atelier consacré au bilan du Contrat de performance entre l’État et la société nationale d’électricité.

Si les indicateurs globaux de performance dépassent les 100 %, traduisant des progrès dans la gouvernance, l’efficacité opérationnelle et la modernisation des infrastructures, le manque à gagner pesant sur l’entreprise reste préoccupant. Les impayés des entités publiques s’élèvent à 48,5 milliards de francs CFA et s’ajoutent à des pertes non techniques évaluées à 15 milliards de francs CFA.

L’audit du Contrat de performance pour les exercices 2022 à 2024 confirme ce contraste, avec des résultats opérationnels encourageants, mais une structure financière fragilisée par des créances impayées et des pertes non techniques. Selon le ministère de l’Énergie, ces manques à gagner constituent le principal frein à l’investissement et au développement futur de la Senelec.

Pour remédier à cette fragilité, le gouvernement prévoit la mise en place de conventions de dettes croisées pour les exercices 2023, 2024 et 2025. L’objectif est d’apurer progressivement ces arriérés tout en préservant l’autonomie financière de la société. Le dossier sera également porté au plus haut niveau de l’État, avec la saisine du président de la République, du Premier ministre et du ministère des Finances et du Budget, afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions durables.

Alors que l’entreprise joue un rôle central dans la croissance économique du Sénégal, la réduction de ce manque à gagner apparaît désormais comme une priorité stratégique. La maîtrise des créances impayées est essentielle pour sécuriser les flux financiers, renforcer les capacités d’investissement et assurer la continuité des services énergétiques dans un pays où la demande ne cesse de croître.

Par Bernadette W. Gansonré

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