lundi 16 février 2026

Sénégal : la Senelec lance une opération de titrisation de 120 milliards de FCFA pour accélérer la transition énergétique

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a lancé une opération de titrisation de créances d’un montant de 120 milliards de FCFA sur le marché régional. Baptisée FCTC Senelec 2025-2030, cette émission obligataire a été officiellement présentée le mercredi 1ᵉʳ octobre 2025. Elle est structurée par BOAD Titrisation, avec Impaxis Securities et CGF Bourse comme co-arrangeurs. La période de souscription s’étend du 29 septembre au 5 novembre 2025.

L’opération comprend quatre tranches distinctes. La tranche A, dite senior, vise un montant de 83 milliards de FCFA, avec un taux d’intérêt de 8,15 % et une maturité de cinq ans. La tranche B, de type mezzanine, porte sur 25 milliards de FCFA, avec un taux d’intérêt fixé à 10 % pour une maturité identique. Les tranches C1 et C2, classées comme junior, représentent chacune 6 milliards de FCFA. La tranche C1 est assortie d’un taux de 10 %, tandis que la tranche C2 est émise sans coupon. L’ensemble de ces deux dernières tranches, soit 12 milliards de FCFA, est réservé à la Senelec et n’est donc pas ouvert au public.

La titrisation repose sur la cession des factures échues détenues par la Senelec, issues de la fourniture d’électricité à des entités publiques, à des ambassades ainsi qu’à de grandes entreprises du secteur privé. Accessible aux investisseurs institutionnels et aux particuliers, la valeur nominale de chaque titre est fixée à 10 000 FCFA.

L’opération vise, d’une part, à renforcer l’accès universel à l’électricité et, d’autre part, à contribuer à la réduction progressive de l’intensité carbone du réseau électrique sénégalais. Elle s’inscrit dans la politique de durabilité de la Senelec et s’aligne sur les Objectifs de développement durable.

Par ailleurs, cette émission est doublement labellisée, répondant aux exigences des obligations vertes et des obligations liées à la durabilité. Elle est donc conforme aux standards internationaux en matière de finance durable. La structure financière mise en place prévoit une allocation différenciée des fonds mobilisés : une part de 63 milliards de FCFA, représentant 52,5 % du montant total, sera consacrée à des projets à forte composante environnementale. Cette enveloppe sera entièrement dédiée au financement total ou partiel de nouveaux projets à impact positif sur l’environnement. Les 57 milliards de FCFA restants, soit 47,5 % du total, seront alloués à la composante liée à la durabilité.

Cette opération illustre la capacité de la finance structurée à soutenir les ambitions nationales en matière de transition énergétique, de sécurité d’approvisionnement et de souveraineté énergétique.

Par Bernadette W. Gansonré

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