Trois ans seulement après le début des travaux, la Guinée met en service le plus vaste corridor minier intégré d’Afrique de l’Ouest, une infrastructure de 650 kilomètres capable de traiter plus de 120 millions de tonnes de minerai de fer par an. Le lancement des travaux d’exploitation de ce mégaprojet dénommé « Simandou » a, officiellement, pris son envol ce mardi 11 novembre 2025 au port de Moribaya, dans la préfecture de Forécariah, sous la présidence du chef de l’Etat Guinéen, Mamadi Doumbouya.
Le président du conseil d’administration de la Compagnie Transguinéenne (CTG), Mamoudou Nagnalen Barry, a rappelé l’évolution spectaculaire du site de Moribaya. « Il y a trois ans, ce port n’était encore qu’une zone de boue maritime et de forêts abandonnées. Aujourd’hui, grâce à la vision du chef de l’État, la Guinée dispose d’un port capable de traiter plus de 120 millions de tonnes de minerai par an », a-t-il souligné. Le complexe comprend deux ports minéraliers et un port commercial, des infrastructures destinées à soutenir le transport du minerai, des passagers et des marchandises.
Initialement estimé à près de 20 milliards de dollars, le projet Simandou, à travers ses infrastructures ferroviaires et portuaires, constitue une prouesse technique sans précédent dans la sous-région. Ces installations sont gérées par la Compagnie Transguinéenne (CTG), qui supervise également les futurs sites de transformation du minerai, représentant près de 1 300 kilomètres d’infrastructures cumulées. Les accords prévoient, dans un délai de moins de deux ans, la réalisation d’une étude de faisabilité pour la construction d’une aciérie ou d’une unité de production de pellets en Guinée, afin de garantir la transformation locale des ressources.
Le projet repose sur un partenariat international associant Rio Tinto, Chinalco, Baowu et WCS consortium aux côtés de l’État guinéen, copropriétaire des infrastructures. Il comprend quatre blocs miniers situés à Kérewani et Béla, et s’appuie sur un modèle de gouvernance partagée à travers la CTG. Les rails, conçus comme des infrastructures multi-usagers, serviront au transport du minerai, mais aussi des passagers, des marchandises et des produits agricoles, renforçant le rôle du corridor ferroviaire comme moteur de développement national et régional.
Avec une teneur en fer supérieure à 65 %, le minerai de Simandou figure parmi les plus riches du monde, offrant à la Guinée une position stratégique dans la chaîne mondiale de l’acier. Le projet devrait générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects, tout en renforçant les compétences locales grâce au programme Simandou Academy, dédié à la formation technique et industrielle des jeunes Guinéens.
Le programme Simandou 2040, structuré autour de cinq piliers (agriculture, industrie et commerce, éducation et culture, infrastructures et technologies, économie et santé) vise à convertir les ressources minières en croissance inclusive et durable. Djiba Diakité, président du comité stratégique de Simandou, a souligné « Chaque tonne de minerai extraite représente une brique pour construire l’avenir du pays, et chaque kilomètre de rail posé est un pas de plus vers la prospérité nationale ».
Par Bernadette W.Gansonré


