Bien avant l’obtention de son permis d’exploitation industrielle, SOPAMIB Bouboulou S.A., filiale de la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB), avait déjà engagé une série d’actions sociales au profit des communautés riveraines du projet dans la commune de Yako, région du Yaadga. Premier projet de grande mine d’or industrielle dont le développement, depuis la phase d’exploration jusqu’à la délivrance du permis d’exploitation, a été piloté par l’État burkinabè à travers la SOPAMIB, la mine d’or de Bouboulou marque une étape historique pour le secteur minier national. Fabrication locale de Briques en terre comprimée (BTC), maintien des populations sur leurs terres agricoles et chantier de construction à un stade avancé : la direction générale de la société explique une méthode présentée comme le reflet d’un projet « endogène », conduit avec et pour les populations riveraines.
Point d’orgue de cette démarche sociale, la production de près d’un million de Briques en terre comprimée (BTC) a été confiée à une association locale, Bayir Metba — littéralement « les bâtisseurs de la patrie ». La terre utilisée provient directement des fosses d’excavation de la mine, tandis que la machine servant à la fabrication est elle-même issue d’une manufacture locale. Ces briques, selon le directeur général de Bouboulou, Yannick Clovis Sanou, doivent servir un double usage. D’abord, la construction des infrastructures internes du site minier. Ensuite l’édification des logements destinés aux populations appelées à être relocalisées hors de l’emprise du projet.
Yannick Clovis Sanou a établi un parallèle avec un chantier symbolique déjà connu des Burkinabè : « Il s’agit du même type de matériau qui a servi à construire le mémorial Thomas Sankara que nous sommes en train de faire, qui va être utilisé pour construire les infrastructures à l’intérieur du site et les infrastructures des populations qui seront amenées à être relocalisées en dehors du site ». Au-delà de la fabrication des briques, les populations environnantes participent également à l’approvisionnement du chantier en matériaux, notamment en fournissant les cailloux nécessaires à la construction des digues filtrantes des retenues d’eau du site.
Pas de déguerpissement, l’agriculture maintenue le temps des travaux
Contrairement à une pratique redoutée dans les zones d’implantation minière, aucune population n’a été délogée de force depuis le lancement du projet. « On n’a déguerpi personne jusqu’à présent. On permet que dans les zones où nous n’avons pas encore d’infrastructures, que les gens puissent continuer leurs activités agricoles pour cette saison », a affirmé le DG Sanou. Les habitants des secteurs non encore mobilisés pour les besoins du chantier conservent ainsi l’usage de leurs terres pour la campagne agricole en cours, le temps que les travaux de construction du site progressent.

Cette gestion de la ressource en eau s’inscrit elle aussi dans une logique de bénéfice partagé avec les communautés. Faute de délai suffisant pour la réalisation d’un barrage à Sassa avec l’Office national des barrages et des aménagements hydrauliques (ONBAH) la société a opté dans l’immédiat pour la construction de deux boulis de 200 000 m³ à l’intérieur du site, destinés à ses opérations. M. Sanou a toutefois précisé que le projet de barrage de Sassa, d’une capacité d’un million de m³, sera engagé l’année prochaine au démarrage des opérations, avec une vocation mixte : approvisionner la mine, mais aussi soutenir des activités de maraîchage et des projets de pisciculture au bénéfice des populations locales.

Sur le volet des infrastructures, le directeur général a fait état d’un chantier « très avancé », avec un objectif d’achèvement des travaux en cours dès la semaine suivante, malgré les contraintes de la saison des pluies. À la route en terre battue de 5,8 kilomètres déjà réalisée et livrée, sur une largeur de piste de 7 mètres, s’ajouteront de nouveaux tronçons dans les prochaines semaines. « Vraiment, le site est très avancé. Les travaux iront très vite pour que la mine sorte de terre très rapidement », a-t-il assuré, invitant les populations impactées à continuer d’accompagner un projet qu’il qualifie de commun à l’État et aux communautés. « C’est un projet de l’État, c’est un projet des populations et nous invitons vraiment les populations d’accompagner justement cette vision […] pour développer ce projet et aider à la construction de notre patrie », a-t-il conclu.

Par Léon Yougbaré


