UEMOA : l’activité économique marque le pas en septembre 2025 malgré la résilience du BTP et des services financiers

En septembre 2025, les indicateurs disponibles témoignent d’une décélération de l’activité dans l’espace UEMOA, aussi bien dans la production industrielle que dans le commerce et les services. Le climat des affaires, bien qu’encore légèrement au-dessus de sa moyenne de long terme, recule pour le deuxième mois consécutif.

Sur la production industrielle, l’indice corrigé des variations saisonnières s’est contracté de 0,9% en septembre, après une baisse de 1,3% en août. Le recul provient des activités de fabrication, dont la contribution négative domine la dynamique industrielle.

Le secteur des bâtiments et travaux publics, pour sa part, se distingue par sa résilience. Les perceptions des chefs d’entreprise montrent une amélioration générale, avec un indice positif de 4,6 points en fin septembre 2025 tout comme le mois précédent. Cependant, d’un pays à l’autre, les performances diffèrent. Le Bénin et le Sénégal affichent des progressions remarquables de 28 points et 23,4 point respectivement, tandis que le Burkina (12,5 points), la Côte d’Ivoire (8,9 points) et la Guinée-Bissau (8,1 points) maintiennent une dynamique solide.

À l’opposé, le Mali et le Niger subissent de sévères baisses respectivement de 44,9 points et 19,3 points. Le ralentissement observé au niveau du Togo ressort à 7,1 points.

Concernant l’activité commerciale, elle confirme le ralentissement observé dans la production. Le chiffre d’affaires du commerce a diminué de 1,4% sur un mois, après un repli de 4,8% enregistré en août. Cette évolution est imputable au commerce de détail ainsi qu’au commerce de gros et activités des intermédiaires.

Dans les services, les signaux sont également mitigés selon les données officielles. Les services marchands non financiers poursuivent leur baisse mensuelle à 0,6%. Par pays, le chiffre d’affaires dans les services marchands non financiers a progressé dans l’ensemble des pays de l’UEMOA : Guinée-Bissau (9,3%), au Bénin (8,8%), au Niger (6,5%), en Côte d’Ivoire (6,2%), au Togo (6,1%), au Burkina (3%), au Sénégal (1,5%) et au Mali (1,4%).

À l’inverse, les services financiers confirment leur rôle de moteur, avec une progression mensuelle de 0,7%. Tous les pays de l’Union enregistrent également une hausse du chiffre d’affaires dans ce secteur, avec des performances particulièrement élevées au Sénégal (17%), au Bénin (15,6%), au Mali (15,5%) et au Burkina Faso (14,9%). En Côte d’Ivoire tout comme au Togo ainsi qu’au Niger et en Guinée-Bissau, l’évolution reste significative respectivement 14,5%, 14%, 13% et 10,6%.

Quant au taux d’inflation, il ressort à -1,1%, mais légèrement en hausse de 0,3 point par rapport au moins précédent. Le maintien des taux négatifs s’explique essentiellement par la poursuite de la baisse de 3,1% des prix des produits alimentaires. Il s’agit entre autres des céréales dont les coûts se sont réduits de 18,5%, du poisson (-17,8%) et de la viande (-15,9%).

L’inflation est négative dans cinq pays, à savoir le Niger (-8,2%), le Burkina Faso (-4,1%), la Guinée-Bissau (-1,5%), le Mali (-1,2%) et le Togo (-0,4%). En revanche, le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent des taux positifs mais modérés : 1,9%, 1,8% et 0,3% respectivement. L’inflation sous-jacente est restée stable à 0%, par rapport à son niveau un mois plus tôt.

Par David Yaméogo

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