UEMOA : les recettes fiscales ont progressé de 13,7 % en 2025

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a présenté, le mercredi 22 juillet 2026, à son siège à Dakar, son rapport annuel 2025. Le document met en évidence une amélioration sensible des finances publiques des États de l’UEMOA, marquée par une réduction significative du déficit budgétaire, une progression soutenue des recettes fiscales et une forte mobilisation de ressources sur le marché financier régional.

Selon le rapport, les recettes budgétaires des États de l’Union se sont établies à 25 396,5 milliards FCFA à fin décembre 2025, en hausse de 13,3 % par rapport à l’année précédente. Cette progression est essentiellement portée par les recettes fiscales, qui ont augmenté de 13,7 % pour atteindre 22 160,5 milliards FCFA, grâce à la bonne tenue de l’activité économique et aux réformes engagées pour renforcer la mobilisation des ressources intérieures par les administrations fiscales et douanières.

Cette dynamique, explique l’institution monétaire, a permis une amélioration de la pression fiscale communautaire, qui est passée de 14,4 % du PIB en 2024 à 14,9 % en 2025.

Le rapport montre que les dons reçus par les États ont également progressé de manière significative, atteignant 1 223,4 milliards FCFA, soit une hausse de 28,1 % sur un an. Au total, les recettes budgétaires et les dons cumulés se sont élevés à 26 629,9 milliards FCFA, représentant 17,9 % du PIB, contre 17,2 % un an auparavant.

Cette amélioration des recettes a contribué à une réduction marquée du déficit budgétaire global (base engagements, dons compris), qui est passé de 7 288,1 milliards FCFA en 2024 à 5 559,9 milliards FCFA en 2025, soit une baisse de 23,7 %. Rapporté au PIB, le déficit est revenu à 3,7 %, contre 5,4 % un an plus tôt.

Des financements extérieurs toujours soutenus

En parallèle, les États de l’UEMOA ont continué de bénéficier de financements extérieurs. Hors ressources du Fonds monétaire international (FMI), les concours extérieurs ayant transité par la BCEAO ont atteint 8 997,4 milliards FCFA en 2025, contre 8 587,3 milliards FCFA en 2024.

Selon le rapport de la BCEAO, plusieurs pays ont également reçu des décaissements du FMI dans le cadre de leurs programmes économiques et financiers. La Côte d’Ivoire se distingue avec 899,7 milliards FCFA mobilisés au titre de différents mécanismes de financement, devant le Mali, qui a encaissé 73 milliards FCFA.

Le Niger a, pour sa part, bénéficié de 55,2 milliards FCFA, tandis que le Bénin a reçu 51,1 milliards FCFA. Les décaissements en faveur du Togo et du Burkina Faso se sont élevés respectivement à 33,8 milliards FCFA et 18,6 milliards FCFA. La Guinée-Bissau ferme la marche avec un concours de 3,6 milliards FCFA.

Sur les marchés internationaux, le Bénin et la Côte d’Ivoire ont procédé à des émissions d’euro-obligations pour un montant global de 1 821 milliards FCFA. Le Bénin a levé 318 milliards FCFA en janvier 2025, tandis que la Côte d’Ivoire a mobilisé 1 503 milliards FCFA à travers deux émissions réalisées en mars et en juillet de la même année.

Le stock de la dette publique extérieure de l’ensemble des pays a ainsi augmenté de 4 243,1 milliards FCFA en 2025, soit une progression de 8 %, inférieure à celle observée en 2024 (9,9 %). En proportion du PIB, la dette extérieure s’est toutefois légèrement contractée, passant de 39 % à 38,4 %.

Le marché régional de plus en plus sollicité

En 2025, les pays de l’UEMOA ont fortement accru leur recours au marché financier régional pour couvrir leurs besoins de financement. Les levées de ressources ont atteint 15 105,2 milliards FCFA à fin décembre 2025, en hausse de 61,5 % par rapport à l’année précédente.

Cette progression concerne à la fois les émissions de bons du Trésor, en hausse de 19,4 %, et surtout celles des obligations du Trésor, qui ont plus que doublé, enregistrant une progression de 111,1 %. Les émissions nettes se sont ainsi établies à 3 727,4 milliards FCFA, contre 3 350,7 milliards FCFA en 2024.

Les bons du Trésor ont représenté 40 % des ressources levées sur le marché régional. Les titres à 12 mois sont demeurés les plus recherchés, concentrant 66,6 % des émissions de cette catégorie. Les obligations du Trésor ont, quant à elles, représenté les 60 % restants, avec une prédominance des maturités de 3 ans (48,2 %), devant celles de 5 ans (27,3 %), 7 ans (18,3 %), 10 ans (5,6 %) et 15 ans (0,6 %).

Au 31 décembre 2025, l’encours des titres publics sur le marché régional a atteint 31 859,5 milliards FCFA, représentant 21,5 % du PIB de l’Union, contre 27 787,2 milliards FCFA (20,5 % du PIB) un an auparavant. Le rapport relève également une légère modification de la structure de cet encours, la part des obligations du Trésor reculant de 92,3 % en 2024 à 87,9 % en 2025, au profit des titres de court terme.

Par David Yaméogo

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