UMOA : la monnaie électronique gagne du terrain, les encours bondissent de 35,2 % en 2025

Au 31 décembre 2025, l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) comptait 78 établissements offrant des services de monnaie électronique, contre 63 un an plus tôt, selon le rapport de la Commission bancaire de l’UMOA. Cet écosystème se compose de 59 banques adossées à des partenariats avec des opérateurs de télécommunication ou des prestataires techniques, de 18 émetteurs de monnaie électronique (EME) et d’une institution de microfinance (IMF). Quatre Trésors publics nationaux – ceux du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Togo – proposent également ce type de services.

Le rapport 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA montre que le nombre d’EME agréés dans l’Union est passé de 14 en 2024 à 18 en 2025, à la faveur des agréments accordés à Djogana Pay en Côte d’Ivoire, à QuickPay SA et à TouchPoint Financial Services au Sénégal, ainsi qu’à Tmoney au Togo.

Selon le rapport, ces établissements se répartissent de manière inégale entre les pays de l’Union. Le Sénégal en concentre 5, la Côte d’Ivoire 4, le Bénin 3 et le Mali 2. Le Burkina Faso, le Niger et la Guinée-Bissau en comptent chacun un établissement agréé.

Sur la base des données provisoires portant sur 17 EME en activité, le chiffre d’affaires cumulé de ces établissements atteint 323,2 milliards FCFA en 2025, soit une progression annuelle de 12 %. Cette dynamique s’explique notamment par l’augmentation du volume des transactions observée principalement dans trois pays. En Côte d’Ivoire, le volume des transactions s’est accru de 16,6 %, tandis qu’au Niger, il a progressé de 16,5 %. Le Burkina Faso affiche, pour sa part, une progression de 15,2 % du volume des transactions.

En termes de parts de marché du chiffre d’affaires, la Côte d’Ivoire arrive en tête avec 30,6 %, devant le Mali, qui en détient 23 %. La troisième place revient au Bénin, avec une part de 22 %.

Vient ensuite le Sénégal, dont la part de marché ressort à 14,2 %, suivi de très loin par le Burkina Faso, avec une part relative de 7,1 %. La Guinée-Bissau et le Niger ferment la marche, avec des parts respectives de 1,9 % et 1,1 %.

Sur le plan de la profitabilité, le secteur confirme un net redressement engagé depuis plusieurs années. Les EME ont en effet enregistré un résultat provisoire bénéficiaire de 16,9 milliards FCFA en 2025, après 6,1 milliards FCFA à titre définitif en 2024, alors que le secteur affichait encore des pertes de 21,1 milliards FCFA en 2023 et de 32,8 milliards FCFA en 2022.

À l’exception des places ivoirienne et sénégalaise, toutes les autres places affichent désormais un résultat excédentaire à fin décembre 2025. Les entités bénéficiaires concentrent 72,4 % des encours de monnaie électronique de l’Union.

Un encours en forte croissance, concentré dans quatre pays

L’encours de la monnaie électronique émise a progressé de 35,2 % sur l’année, pour atteindre 1 923,2 milliards FCFA à fin décembre 2025, contre 1 422,6 milliards FCFA en 2024.

Cet encours reste principalement détenu par les EME de quatre pays. Ceux du Sénégal concentrent 29,7 % du volume émis, tandis que les EME du Burkina Faso, malgré leur nombre relativement faible, détiennent 25,9 % de la monnaie électronique émise.

La Côte d’Ivoire complète le trio de tête avec 23,5 % du total des émissions de monnaie électronique en 2025. Enfin, vient le Bénin, dont le cumul de monnaie électronique émise représente 10,2 % du total de l’Union.

Une bancarisation numérique en progression, mais des comptes encore majoritairement inactifs

Le nombre de comptes de monnaie électronique ouverts auprès des EME s’est établi à 172,9 millions à fin décembre 2025, contre 154,6 millions à titre définitif en 2024, soit une progression de 11,9 %.

Les comptes actifs, c’est-à-dire ceux ayant enregistré au moins une transaction au cours des 90 derniers jours, se sont élevés à 60,6 millions, en hausse de 12 % sur l’année, et représentent 35,1 % de l’ensemble des comptes ouverts, contre 35 % en 2024.

À l’inverse, les comptes inactifs ont atteint 112,3 millions, soit 64,9 % du total, contre 65 % en 2024, une proportion qui reste ainsi quasiment stable malgré la progression en valeur absolue de 11,8 %.

Quant au volume des transactions effectuées via les EME, il a augmenté de 14,5 % en 2025, pour s’établir à 11,76 milliards d’opérations, contre 10,27 milliards l’année précédente.

Le montant des transactions réalisées via la téléphonie mobile par l’intermédiaire des EME a progressé plus rapidement encore, de 31,4 %, pour atteindre 164 169 milliards FCFA, contre 124 982 milliards FCFA en 2024.

Le réseau de distribution des EME s’est étoffé de 32 % sur l’année, pour compter 1,83 million de points de service au 31 décembre 2025. Ce réseau regroupe les distributeurs automatiques de billets (DAB), les sous-distributeurs, les agents distributeurs et les terminaux de paiement électronique (TPE) déployés par les établissements.

Les opérations de rechargement et de retrait en espèces, ainsi que les transferts de personne à personne, demeurent les usages les plus répandus de la monnaie électronique. Ces trois catégories concentrent à elles seules 71,2 % de la valeur de l’ensemble des transactions enregistrées en 2025.

Si les opérations en espèces via la téléphonie mobile continuent de progresser en valeur, leur poids relatif recule au profit des transferts intra-UEMOA, dont la part est passée de 2,1 % à 10,1 % sur l’année, traduisant un usage croissant de la monnaie électronique pour les paiements transfrontaliers au sein de l’Union.

Par Léon Yougbaré

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