La Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), qui se déroule à Alger, a offert le samedi 06 septembre 2025 une scène d’échanges de haut niveau autour de l’avenir du commerce continental. Deux personnalités majeures y ont pris la parole : Wamkele Mene, Secrétaire général du Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et Benedict Oramah, Président sortant de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
Réunis autour du thème « Le premier kilomètre vers l’avenir : réflexions sur l’IATF, la ZLECAf et le pouvoir du partenariat », les deux responsables ont insisté sur le rôle central des partenariats, des politiques publiques et du financement africain dans la transformation commerciale du continent.
Pour Wamkele Mene, l’autosuffisance est une condition essentielle du développement africain. « Le développement de l’Afrique ne va pas être financé par d’autres. Nos institutions doivent investir dans nos infrastructures, notre industrialisation et même dans les secteurs considérés comme trop risqués », a-t-il affirmé. Il a rappelé que la ZLECAf n’était pas qu’un accord politique, mais déjà une réalité économique. « Sans Afreximbank, je peux vous assurer qu’il s’agirait d’un accord sur le papier qui n’est pas mis en œuvre aujourd’hui », a-t-il souligné, insistant sur le rôle de la banque dans l’opérationnalisation du projet.
Le responsable de la ZLECAf a également mis en avant les opportunités offertes aux petites et moyennes entreprises, désormais en mesure d’élargir leurs activités au-delà des frontières grâce à l’adhésion de 49 États au mécanisme continental.
De son côté, le professeur Oramah, qui s’apprête à quitter la présidence d’Afreximbank après plusieurs années de mandat, a insisté sur la nécessité de créer une véritable valeur ajoutée pour pérenniser la Foire commerciale intra-africaine. « La seule façon pour le salon de continuer, ce n’est pas l’attachement émotionnel. C’est la valeur que les acteurs y trouvent », a-t-il déclaré.
Les discussions ont également abordé des enjeux structurants tels que la réduction de la dépendance aux devises étrangères, l’amélioration du financement du commerce et la facilitation du transport transfrontalier des marchandises. Les deux dirigeants ont convenu que l’avenir économique du continent repose sur l’implication active des jeunes, des agriculteurs et des commerçants informels.

La session s’est conclue par un hommage rendu par le Secrétariat de la ZLECAf au professeur Oramah, salué pour son leadership et ses contributions au développement du commerce africain durant son passage à la tête d’Afreximbank.
Par Drissa Ouattara depuis Alger


