Ghana : COCOBOD veut tourner la page des prêts syndiqués avec un nouveau mécanisme de financement du cacao
Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD) prévoit de mettre en œuvre, dès la campagne agricole 2026/2027, un nouveau modèle destiné à réduire la dépendance du secteur aux financements étrangers et à mieux protéger les revenus des producteurs. L’annonce a été faite par le directeur général du COCOBOD, Ransford Abbey, lors du Forum africain sur le financement et l’investissement du cacao (ACFIF 2026), organisé à Londres.
Cette réforme intervient dans un contexte où le système actuel de financement du cacao montre ses limites. Depuis plus de trois décennies, le Ghana s’appuie sur des prêts syndiqués adossés aux ventes futures de cacao afin de financer les achats de récoltes. Un modèle qui garantit l’accès aux liquidités, mais qui oblige également le pays à engager entre 70 % et 92 % de sa production auprès de bailleurs étrangers.
Selon le directeur, cette forte dépendance réduit la marge de manœuvre du secteur et expose davantage la filière aux pressions extérieures ainsi qu’aux fluctuations des marchés internationaux.
Le nouveau dispositif envisagé devrait ainsi reposer davantage sur la mobilisation de ressources domestiques et de nouveaux instruments financiers. Le COCOBOD prévoit notamment de lever des capitaux à travers des billets de trésorerie et des obligations commerciales, tout en sollicitant davantage les investisseurs institutionnels locaux.
Cette réforme s’accompagnera également d’un changement dans le mécanisme de fixation des prix du cacao, avec l’introduction de révisions périodiques qui pourraient intervenir de manière trimestrielle.
Le maintien du paiement de 70 % du prix FOB aux producteurs figure parmi les principes retenus par les autorités. Toutefois, les prix devraient désormais être ajustés plus régulièrement afin de mieux prendre en compte les variations des cours mondiaux du cacao et les fluctuations du taux de change.
Le gouvernement ghanéen espère ainsi renforcer la stabilité des revenus des producteurs tout en améliorant la viabilité financière du secteur cacaoyer.
Outre cela, la réforme vise également à stimuler la transformation locale du cacao. Le Ghana veut faciliter l’accès au crédit pour les transformateurs locaux et les entreprises ghanéennes opérant dans la chaîne de valeur afin d’accroître la part de richesse conservée dans l’économie nationale.
Le directeur général du COCOBOD estime que les conditions macroéconomiques actuelles et l’intérêt croissant des investisseurs pour les produits financiers structurés créent un environnement favorable à cette transition.
Il a également annoncé qu’un prospectus détaillant les modalités de participation des investisseurs et des institutions financières est en cours de finalisation avant le lancement officiel de la campagne agricole 2026/2027.
Par Bernadette W. Gansonré


